Rencontre avec le nouveau maire, Gil Averous : Jeunesse, dynamisme et ambition


Gil Averous

Gil Averous

Dès l’entrée dans le hall de l’hôtel de ville de Châteauroux, on ressent une impression de jeunesse, de dynamisme et de convivialité. Impression identique en pénétrant dans le bureau du nouveau maire, poignée de main franche, sourire, cordialité. Détendu, sûr de lui, Gil Averous, dès les premiers mots, affirme ses ambitions: « je ne ferai pas le troisième mandat de Jean-François Mayet, je suis heureux d’avoir été son chef de cabinet, mais les six ans qui viennent seront sous ma propre responsabilité ». Et c’est fier de sa campagne électorale réussie, sans erreurs, sans polémiques stériles où il a développé ses propositions, et de sa belle élection à pratiquement 50% qu’il attaque son début de mandat: « Au delà des fonctions régaliennes pour lesquels nous ne sommes que des agents de l’Etat, la mission d’un maire aujourd’hui, c’est d’abord d’offrir le meilleur rapport qualité et coût du service pour ses administrés, il doit être au service de ses concitoyens. »
Gil Averous possède des qualités d’homme et de fin technicien de la gestion publique, il a de l’expérience, tout cela en fait un leader d’une efficacité reconnue, ainsi le présente, le sénateur et maire sortant Jean-François Mayet.

Avec ses convictions personnelles mais sans sectarisme, Gil Averous nous raconte avec ferveur ce qu’il veut faire du mandat qui lui a été confié. Tout d’abord sur sa ville: « je veux que Châteauroux soit vivante, qu’elle pèse au niveau régional mais aussi au niveau national, voire international (lire EuroSity). Nous allons engager deux projets structurants sur le centre ville. Nous installerons en 2017, à Balsan, le centre aqualudique que je ne veux pas trop éloigné du centre-ville pour équilibrer de façon plus juste le centre-ville et la périphérie. A la fin du mandat, nous réaliserons le transfert des Beaux-Arts dans le centre Racine. Au-delà de cela, il faut dynamiser l’hyper-centre commercial de Châteauroux, nous venons d’engager plusieurs actions en ce sens avec Coeur d’Agglo. Il faut cependant être réaliste, le commerce souffre de la concurrence d’Internet. Pour faire face, il faut que le centre-ville soit beau et attractif. Il faut attirer du monde, ensuite les commerçants se chargeront de l’offre et de la qualité pour générer l’acte d’achat.

Gil Averous est aussi président de l’Agglo: « Il est indispensable que le maire de Châteauroux soit aussi le président de l’Agglo. Nous avions d’ailleurs fait une vraie campagne communautaire avec douze autres candidats dans les communes concernées, une majorité s’est dégagée autour d’un projet, mais cela ne nous empêche pas de partager la gouvernance avec des maires socialistes. L’agglo, c’est là que désormais réside le pouvoir de faire bouger les choses dans les domaines de l’économie, du transport, de l’eau… »

EuroSity
« Sur les 12 derniers mois à Châteauroux, tous les gros investissements industriels ont été portés par des étrangers (Barilla, Pyrex, PGA équipementier aéronautique américain…), poursuit le Maire. Les affaires se sont internationalisées. Les Chinois sont les premiers investisseurs de la planète, l’Europe les intéresse, nous leur offrons un accompagnement en lien avec une filiale d’une grande banque chinoise qui propose l’agglomération de Châteauroux à ses grands comptes qui souhaitent s’installer sur le vieux continent. Après les deux premières entreprises, HUWEI (télécoms) et SANEI (ascenseurs), il y aura d’autres installations et avec toujours au moins 80% de recrutements locaux. Le projet bénéficie d’ailleurs d’un large consensus politique: Sarkozy avait soutenu au départ, Michel Sapin aussi et il y a quelques jours à Lille, lors d’un colloque international, Laurent Fabius a renouvelé le soutien du gouvernement à ce projet en le citant en exemple. »
L’aéroport peut-il être un outil de ce développement ? « Il doit permettre, de développer le tourisme, en premier lieu avec les Chinois qui aiment venir en France en leur proposant des packages de visites avec hébergement sur plusieurs jours. Il faut savoir que l’aéroport est soumis à un secteur fortement concurrentiel. On ne peut plus le gérer comme une collectivité, il faut passer à autre chose et le gérer comme une vraie entreprise. Il faut utiliser les techniques de gestion du privé pour faire face à la concurrence.»

Important également l’installation d’un centre de tir de niveau international, par la Fédération Française de Tir sur l’emplacement de la base militaire de l’OTAN désaffectée (fin des travaux à l’été 2016) permettant l’organisation de compétitions nationales et internationales. «Je rappelle que le tir est la 4e sport individuel et compte quelque 160 000 licenciés. »
On peut lui souhaiter le même succès que l’installation de la Fédération Française d’Equitation à Lamotte-Beuvron.

Des communautés de départements
Gil Averous apporte quelques réflexions originales sur la réforme nécessaire des territoires. Il est persuadé que l’avenir n’est pas aux régions obèses mais pencherait plutôt pour une communauté de départements où siègeraient des délégués désignés par ces mêmes élus départementaux. Un peu ce que proposait Sarkozy mais sans multiplier le nombre de représentants.

« Je n’adhère pas à ce projet de grandes régions. Il faut auparavant se mettre d’accord sur les compétences qu’on y met. Pour ma part j’aurais préféré qu’on renforce l’échelon départemental. Mais maintenant que toutes les compétences de l’Etat sont déjà transférées au niveau régional, la région est devenue le vrai espace d’aménagement. Dans les territoires, il faut même se poser la question sur le maintien des sous-préfectures qui ne sont pas là pour suppléer un trop grand éloignement de la préfecture. Dans l’Indre, la sous-Préfecture du Blanc a toute sa place, celle d’Issoudun à 30 min de Châteauroux, est sans doute plus menacée.
Je ne serai pas candidat aux Régionales, mais j’entends bien participer au débat et à la constitution de la liste. J’espère que la droite aura l’intelligence de monter une liste cohérente. J’apprécie beaucoup Philippe Vigier (député UDI de l’Eure-et-Loir), je le soutiendrai s’il conduit une liste commune avec l’UMP. Mais je connais aussi Guillaume Peltier (maire UMP d’un village du Loir-et-Cher) qui réfléchit également. »

Ma ville d’abord
On sent que le personnage fourmille d’idées précises et qu’il a des propositions pour les réaliser, nous ne pouvions donc éluder la question sur ses ambitions personnelles.
« Je suis uniquement candidat à la gestion de ma ville. J’ai réussi à convaincre les Castelroussins lors de l’élection, il me reste à convaincre dans ma gestion en faisant peser Châteauroux sur l’échiquier national, je n’envisage donc pas de me présenter aux prochaines élections législatives. Pour autant, je ne suis pas convaincu par le non cumul des mandats. Attention à ne pas avoir que des parlementaires gérant des lobbies dans des bureaux parisiens et restant très éloignés du terrain. Beaucoup préfèrent déjà passer sur les talk show des chaines info ou « twitter » plutôt que de retourner dans leurs circonscriptions. C’est peut-être aussi ça le problème du gouvernement: l’hyper communication, la mauvaise communication! »

Entretien Christophe Matho et Gérard Bardon