Tout va très bien


Même si tout va bien depuis que not’Manu à nous est redevenu notre président, et afin de ne faire de peine à personne les Comme Ça Vient des prochaines semaines ne diront pas de mal des futurs perdants des élections législatives, des futurs gagnants non plus. Cette décision unilatérale intègre tout autant les inféodés de Marine Le Stylo que ceux de Mister Z qui sont malgré tout des quelqu’un et mériteraient pourtant que l’on en parle…
Tout va donc très bien en ce nouveau monde de demain désormais meilleur que celui d’aujourd’hui. Manu, notre élu, et presque toute la Droite du milieu -c’est merveilleux, alors qu’aux ailes la vie est belle selon tous les numéros 11 et 14 de toutes les équipes de rugby du monde- vient de renaître des cendres d’un feu jamais vraiment consumé.
Tout va très bien pour Vladimir, l’ami des Ukrainiens, des Moldaves, des Géorgiens, des Finlandais aussi. Pour ces derniers, la flamme poutinienne est toujours en attente mais ça couve, ça couve. En attendant, comme aux plus beaux jours de l’URSS, on parle Russe dans les faubourgs de Marioupol, sur les ruines des usines locales itou. On le parle bien plus maintenant sur ces tas de gravats encore fumants qu’au milieu de la place Rouge, c’est dire. Et même en l’absence de touristes Occidentaux en balade.
Tout va très bien pour Xi Jinping, le n°1 chinois, et qui le restera puisque le 20e et prochain congrès du parti l’a déjà décidé démocratiquement et unanimement. Xi assume par avance et vient de désigner, tout aussi démocratiquement qu’avec son unanimité personnelle, John Lee comme chef de l’exécutif de Hong Kong. Auparavant, chinois me souffle-t-on, le petit John était chef de la sécurité des Hongkongais. Précision d’importance, il n’a rien à voir avec le Bruce au nom identique (Lee).Lui aimait bien la Chine mais de pas de si près.
Tout va très bien pour Boris, roi de la bourde et des calembredaines semi-préparées mais totalement assumées. Le Brexit, la Covid, tout cela lui va comme un gant de boxe à un chirurgien ou une paire de moonboots à une danseuse étoile. Grâce à tous ses efforts, le parlement d’Irlande du Nord, légaliste, vient de s’offrir une majorité à base de Sinn Fein. Les anciens de l’IRA se marrent comme des perdus derrière les portes du quartier catho de Belfast. Ce que Bobby et les grévistes de la faim de la prison de Maze, ce que les bombes et les attentats aveugles ne sont pas parvenus à faire, Bojo le fait en deux coups de cuillères à pot, deux pintes de bières en période de confinement et un seul vote. Finalement, ce n’est pas un coiffeur que Boris devrait chercher …
Tout va très bien pour les femmes, les Afghanes surtout. Terminés les vilains coups de soleil sur le nez, les rougeurs sur les joues, oubliées les crèmes anti UV. Plus de cancer de la peau, c’est une assurance voulue par les maîtres phallocrates de Kaboul. L’économie, ça leur connaît. Plus de produits de beauté et tout le toutim, à acheter. C’est une bonne nouvelle pour le porte-monnaie des foyers afghans, non ? Avec le port de la Burqa en public, ça augmente un peu la consommation de tissu cela dit. Qu’à cela ne tienne, un ayatholla a toujours une solution, c’est comme le professeur Rollin. On peut donc choisir de ne plus laisser sortir les donzelles de la maison. Vous comprenez, ce serait bête d’économiser d’un côté et de dépenser inutilement de l’autre, non ?
Tout va très bien dans les hauts et bas fonds de Manille. Là aussi un nouveau président est appelé à régner. Araignée, araignée, quel drôle de nom pour un… président. Pourquoi pas libellule ou papillon n’aurait pas manqué de souligner Prévert. Ferdinand Marcos junior, le fils de Ferdinand Marcos senior, ex dictateur, et d’Imelda, acheteuse schizophrénique de sandalettes et mocassins, n’a pas déjoué les pronostics. Élu il est devenu. Populiste, à la hauteur d’élus solognots, il reprend les affaires là où papa les avait laissées. On lui laisse le temps de remplir quelques placards de paires de grolles, une manie héritée de maman, et on en reparle. Chez Louboutin on se frotte les mains par avance …
Tout va très bien on vous dit, dans ce monde si sympa qu’on en aurait presque oublié que la retraite à 65 ans, c’est pour bientôt. On dit merci qui ?

Fabrice Simoes