BILLET D’HUMEUR de Fabrice Simoes


Tout fout le camp ma pauvre Lucette …


J’étais tranquille, j’étais peinard… Et, qu’apprends-je, qu’entends-je, que me susurre-je-t-on à l’oreille, celle qui entend le mieux ? Que le dernier Astérix aurait perdu sa carte de Gaule. Que le village des irréductibles Gaulois ne serait plus là, entouré par les camps de Petitbonum, Aquarium, Babaorum, et Laudanum. Même, Astérix, Obélix et toutes les vedettes en ix ne seraient plus présentées en ouverture de l’album. Sournoisement, deux pages de moins sur l’album. Pas les pages les plus chargées certes, mais… Tout ça pour une histoire d’éditeur qui croit que l’on peut bafouer les grands classiques de la BD sous le couvert de parti pris éditorial. A-t-on déjà vu le début de Star Wars sans son défilé des étoiles et C-3PO sans R2D2, les Stones sans Mick Jagger, Françoise, pardon là c’est Laurel que je voulais dire, sans Hardy, France sans Gall et pince-mi sans pince-moi ? Non, non, et non… Trop c’est trop ! Une fois de plus le mercantilisme prend le pas sur l’humain. Une fois de plus le rationnel prime sur l’imaginaire, l’esprit et la tête dans les nuages.
Le libéralisme à tout va façon Macron envahit notre espace politique. Passe encore. L’extrême droite, citation de Goering en guise de porte-drapeau, entre en nombre au Bundestag. Nos voisins d’outre-Rhin se sont un peu trop longtemps voilé la face. Trump est toujours président des USA. Le processus de déclaration d’aliénation mentale d’une personne prend vraiment du temps. Fillon emploie femme et enfants. C’est du quasi-normal. Sarkozy et Kadhafi furent de bons copains. Ca ne gène presque pas. Enfin, pas grand monde. Kim Jong Un, le grand démocrate de la Corée du Nord, joue à la gué-guerre avec ses fusées. Avec l’âge ça va passer. Vlado du Kremlin et des environs se prend pour un apprenti sorcier du sport moderne. C’est plutôt rassurant pour l’évolution de la médecine. Par contre, toucher à Astérix et Obélix, c’est petit, mesquin, et ostentatoirement incorrect pour les jeunes et vieux amateurs, pour les mémoires de Goscinny et Uderzo, les premiers auteurs. Une fesse entrevue dans un film, un sein entre-aperçu sur une affiche de pub, ou une érection mal maîtrisée dans un pantalon, choquent toutes les ligues de petites et grandes vertus qui nous en font tout un pataquès. Et là on ne devrait rien dire alors que l’on touche au saint du saint. Décidément notre société part à vau-l’eau !
Cependant, puisque dans ce monde du XXIe siècle on en arrive à tous les excès (voir ci-dessus), il conviendrait de remettre les choses à leurs vraies places. Si Harvey Weistein est probablement quelqu’un qui a largement outrepassé ses droits et ceux des autres, particulièrement ceux de jeunes et jolies femmes, l’âme de tous les hommes n’est pas aussi noire que ça. Si certains malades de la braguette rapide devraient aller se faire soigner, à l’inverse tous les petits, les grands, les moyens, les gros, les maigres aussi, enfin la plupart de la gente masculine, sont plus souvent des balourds que des porcs. Sinon, il me faut faire ici un coming-out ! L’heure est donc venue d’expier ses fautes. Parce que, en des temps que les moins de vingt ans… etc. etc. il me faut l’avouer, j’ai largement usé d’actes désignés comme des caractères sexistes désormais, dans une prime jeunesse de quasi délinquance où on ne savait pas que cela en était. La liste est longue. Par exemple je dois confirmer avoir sifflé à l’égard de mécaniciennes en confection à l’occasion de l’élection cantonale, voir départementale, de Miss Mécanicienne en confection, avoir aussi embrassé des jeunes filles, ou prétendues telles, dans le noir, la lumière allumée aussi. Même, je crois avoir posé ma main droite sur quelques épaules, dans un premier temps… La gauche aussi.
Quelques moments d’égarement Mesdames et Messieurs les jurés. Pire encore, souvent je ne les pas raccompagnées jusqu’à leurs portes. Sans permis parce que mineur, je n’allais pas en plus leur piquer leurs voitures. Tout ça c’est la faute à Hey Jude, le plus long slow du monde dans sa version non édulcorée ! Au Procol Harum et son Whiter shade of pale aussi. Plus court mais terriblement efficace. La faute encore à Pierre Desproges, guide spirituel d’un passé révolu, qui affirmait ne pas être « pour la femme-objet. Au contraire. J’aime bien quand c’est moi qui ne bouge pas ! » Pas de souvenirs de gifles mais chacun sait que les mauvais moments s’effacent toujours très vite.
Mesdames et Messieurs les procureurs, si vous connaissez des Martine, Marie, Françoise, Chantal, Catherine, Dominique, Brigitte, Monique, Annie, Christine, Ghislaine, Nicole, Sylvie, Patricia – afin d’éviter des conflits potentiels, il convient de préciser que cette liste non exhaustive est issue du classement des prénoms utilisés pour les années concernées et peut donc comporter des oublis, des erreurs ou des ajouts – qui auraient matière à se plaindre auprès de vous, dites leur bien que je demande ici les circonstances atténuantes et plaide non-coupable par négligence et jeunesse insouciante.
Et si vous croisez une dénommée Lucette, surtout dites-lui bien que tout fout le camp !!!

Fabrice Simoes