Blois : Des conseils et autant de perles de visio

Confiner ne rime pas avec rapidité, les élus blésois en conseil municipal distancié demeurent passionnés. Avec certains débats s’achevant tout juste avant minuit, ils ont manqué de se transformer en citrouilles.
Le conseil communautaire d’Agglopolys du 13 novembre, présidé par Christophe Degruelle (PS) et proposé à voir sur le web, avec deux petits sujets à l’ordre du jour (un seul dossier transports initialement, le dispositif Covid s’est invité, Cf. pages échos), fut très étiré (2 heures) mais les soucis techniques d’emblée (30 minutes environ sans son ni image, puis différé puis live Facebook) auront fait vaciller l’horloge rythmée par des difficultés pour voter avec des code pin et autres joyeusetés numériquement distanciées. Dix jours plus tard, le 23 novembre, le conseil municipal de la ville de Blois a pris le relais, avec 39 délibérations au menu, dès 18 heures. À titre de comparaison, parce que le direct sur les réseaux sociaux tombait le même lundi à 18h, alors que le conseil municipal de Cannes (un peu plus de 74 750 habitants) mené par l’édile LR David Lisnard, oscillant entre ambiance bon enfant, acquiescements, fous rires et projets maritimes, aura éteint sa caméra ensoleillée avec une quarantaine de délibérations (dont le budget) vers 22 heures et quelques passées, celui de Blois (un peu plus de 45 670 habitants) s’affichait encore toutes lumières allumées pour sa diffusion sur la plateforme Vimeo (*) à cet horaire. Le rideau du Loir-et-Cher plus terre-à-terre en hiver n’aura pas été tiré avant 23h53. Quel contraste, mais confinés, avec la Loire mais sans la mer à proximité, autant s’occuper… “Record battu je crois avec le conseil municipal qui a duré 6h !” aura écrit, conseil municipal distancié, le maire de Blois, Marc Gricourt (PS). “Beaucoup de délibérations et le débat d’orientations budgétaires 2021 qui a confirmé le respect de nos engagements. Un niveau d’investissement jamais atteint à 22 millions d’euros, l’engagement plus fort sur les politiques environnementales (plan cyclable, végétalisation, alimentation, amélioration énergétique de nos bâtiments publics), le maintien de notre soutien au monde associatif, un nouveau plan numérique pour nos écoles.”

Voeux et feux, aux poudres

Même si l’avantage de la visio, c’est qu’il n’y a pas de km pour rentrer, juste à éteindre l’écran et sauter dans son pyjama, un conseil donc longuet. Et pour une fois, le conseiller municipal d’opposition Malik Benakcha (LR), parfois jugé prolixe par l’exécutif, n’y aura été pour rien car ce dernier aura su manier le verbe avec efficience; un “bon point” pendant ce cours du soir allongé. La visio révèlerait-elle les personnalités dans l’opposition ? Parce qu’un autre conseiller, Étienne Panchout (Modem), se sera de surcroît révélé moins effacé et plus courroucé qu’à l’accoutumée, s’inquiétant notamment pour l’attractivité du coeur de ville, concernant le projet très décrié (par le Centre, les LR, le RN, et autres partis adverses) pendant la campagne électorale municipale, le fameux carré Saint-Vincent (devant créer au pied du château halle maraîchère, commerces, etc. pour développer le centre-ville justement). Mais mission impossible de remâcher le match des urnes et de balancer le skipper désigné par-dessus bâbord ! Il faut naviguer bon gré mal gré du côté des moussaillons qui auront attrapé à tribord un nouveau mal de mer en fin de session, avec une vague supplémentaire née de la lecture d’un voeu « pour le développement du service public de santé ». Un premier lu par Gildas Vieira (SE) dans l’opposition, puis un second surprise par la majorité pour remplacer le précédent, aïe ! Et il faut se méfier de l’eau qui dort : le kiné Panchout sera encore sorti de ses gonds. “0 concertation / 0 collaboration. Même en pleine crise sanitaire, tout est politique !! C’est franchement un mode de fonctionnement très étonnant qui me met en colère en temps que soignant et enseignant à l’Université ! La santé est un tout, un collectif !” Après tous ces points d’exclamation sans appel, un dernier voeu, celui de l’entrepreneur Benakcha, “pour sauver le commerce de proximité” (un verbe affectionné par l’intéressé, après “sauver l’Hôtel-Dieu”, souvenez-vous…) aura servi de tisane détox à tout ce petit monde qui aura voté ici à l’unanimité. Avant un cordial “bonsoir” avant minuit, derrière l’écran, pour des élus demeurant ainsi « charmants ».

Émilie Rencien

(*) Pendant que le conseil communautaire de Romorantin du 26 novembre, présidé par le maire et président gaulois Jeanny Lorgeoux, était organisé en présentiel, sans visio, avec près de 50 personnes… Chacun son style.