Chambord – Carl Cox, roi des platines, à la cour de François Ier

PEOPLE Champions du monde de football ? Et si on parlait aussi du meilleur DJ du monde ? L’intéressé a mixé dans les jardins à la française du château de Chambord lundi 16 juillet, sur l’invitation de la plateforme Web, Cercle. En un mot : royal.

Emilie Rencien

François Ier aurait-il kiffé la « party » ? On ne le saura jamais, mais pour les 3 000 personnes présentes lundi 16 juillet, il ne subsistait pas l’ombre d’un doute. Pour nous aussi d’ailleurs. Carl Cox, baby ! Impossible de résister à l’appel du son du DJ ultra connu, légende de la techno. Un nom qui nous rappelle d’emblée l’insouciance de nos années adolescentes, bien avant les Martin Solveig et autres David Guetta qui ont suivi. « David Guetta ? Trop commercial, » commente d’ailleurs Ludivine, 37 ans. « J’habite Bracieux, la commune d’à côté et je me suis dit qu’à quinze euros la place, ça valait le coup. Carl Cox, c’est super en live, mieux qu’en vidéo. Et puis, les Bleus ont gagné la Coupe du monde de foot, que demander de mieux ? Les gens se parlent, sont heureux. Si on pouvait avoir davantage de soirées comme celles-là! » Il y avait en tout cas toutes les générations, ou presque,  réunies à Chambord. Certains avaient fait le déplacement depuis Tours. « Nous ne l’avons pas vu depuis 20 ans, nous avons hâte, » expliquent au passage un homme et une femme, la quarantaine, si pressés de se placer au plus près du DJ qu’ils n’ont pas le temps de nous donner leurs prénoms respectifs. D’autres venaient de Strasbourg, comme ce couple de cinquantenaires. « Nous avons ramené nos enfants à Paris et dans notre famille, il y a Kinza qui mixe ici ce soir. Alors tout cela fait que nous sommes venus écouter Carl Cox. Vous avez des protections auditives ? Nous avons oublié et ils n’en donnent pas à l’entrée, c’est fort, non ? Chambord ? Oui on connaît le château, bien sûr, et nous ne sommes jamais allés à Ibiza, alors cette soirée exceptionnelle est l’occasion encore une fois de voir l’artiste DJ en France.» Ibiza, c’est de toute façon surfait; Carl Cox à Chambord, ça a tout de même un cachet supérieur. Le disc-jockey, producteur de surcroît, a même eu droit à sa couronne dorée façon François Ier des temps modernes, à la fin de son set. « Notre château vit avec son époque, et en plus, cela permet à des personnes qui ne seraient pas forcément venues voir le monument de s’y déplacer. Nos jardins ? Non, je n’ai pas peur d’éventuels dégâts, tout a été prévu pour protéger les espaces verts et nos jardiniers veilleront à remettre de l’ordre, » a confié Jean d’Haussonville, directeur du Domaine national, juste avant la fiesta.

Une soirée qui se méritait

Pour les médias, locaux tout au moins, ce fut un peu comme rejoindre Ibiza à la nage pour accéder au show. L’an dernier, nous étions sur les terrasses du château  de Chambord pour un premier évènement électro chapeauté par la plateforme Web parisienne, Cercle, qui avait convié in situ la Djette italienne, Deborah de Luca. Tout s’était passé comme une lettre à la Poste. Douze mois plus tard, les pieds sur le tapis rouge un peu terni par les nombreuses chaussures l’ayant déjà emprunté, l’accueil se veut plus réticent. Faire partie de la jetset du Loir-et-Cher, ça se mérite et il faut en baver. Notre carte de presse aura dû être brandie maintes fois pour pouvoir assister à cette date estivale à ne pas manquer. Une fois le bracelet sésame au poignet, inutile d’en demander davantage, la sécurité veillant au grain à chaque fois que nous mettions un talon d’escarpin sur une marche a priori non autorisée. « Vous avez pris assez de photos, vous n’êtes pas sur la liste pour cet endroit, descendez ! »  Notre carte de presse, qui aura été retournée dans tous les sens comme pour vérifier qu’elle n’était pas en carton pâte, n’aura rien pu y faire, et même un chien qui se baladait sans maître par là (Raymond selon les teufeurs qui l’ont ainsi rebaptisé le temps d’une soirée), bouteille d’eau dans la gueule, invitant celui ou celle qui le souhaitait à lui lancer l’objet pour jouer au rythme de Carl Cox, circulait pratiquement plus librement que les journalistes encartés… Ou plutôt, la presse nationale conserve ses privilèges royaux, alors en tant que média local, nous sommes retournés à notre sort, nous mêlant à la « populace », guinchant. Blague à part, cessons de râler. Nous avons eu la chance de nous immerger au coeur de l’évènement estival, gratifiés de larmes de bière renversée sur notre bras, au moment d’immortaliser la star en pleine action. Quel métier à risques ! Plus sérieusement, la peine en valait aussi la chandelle bleu-blanc-rouge habillant les pierres de tuffeau du château de Chambord, en guise de clin d’oeil à la victoire des Bleus la veille, après la performance remarquée de Carl Cox passant à côté de nous, à bord d’un van noir en nous faisant un « coucou » de la main. Ou comment repartir des étoiles plein les yeux. Une vraie vie de château !