Culture : Les femmes prennent d’assaut les Bains Douches à Lignières

Saison de transition aux Bains Douches et programmation très féminine. Emilie Loizeau et Gaël Faye sont les têtes d’affiche de ce premier trimestre.

Lucrèce Sassela ouvrira le 7 octobre la saison chanson de Lignières.

 

Sept femmes pour trois hommes ! L’arrivée d’une nouvelle directrice (lire en encadré) à la tête des Bains Douches n’a pas de rapport avec ce phénomène. C’est Jean-Claude Marchet qui a composé les affiches de cette nouvelle saison. Le 8 septembre, les abonnés qui ont pu avoir des places se sont embarqués pour une soirée surprise, mais les choses sérieuses commencent le 7 octobre avec Lucrèce Sassella et Amélie-les-Crayons.  Lucrèce est une comédienne qui chante, élève de François Morel et qui bénéficie des talents multiples d’Antoine Sahler parolier, musicien arrangeur, chef d’orchestre de François Morel et de bien d’autres. Elle chante d’une voix claire les interrogations d’une femme qui ne veut pas vieillir.

Elle ouvrira la voie à Amélie les Crayons, une habituée des Bains Douches à l’imagination débordante, pleine de fantaisie. Elle présentera son nouveau spectacle « Mille ponts » mis en scène par Fred Radix, autre habitué de la maison.

Le 21 octobre, c’est Batlik qui sera sur scène. On pourrait reprendre la définition de Coluche « c’est un artiste qu’on ne voit pas à la radio, qui ne passe pas à la télé mais qui a des choses à dire. » Effectivement, Batik est un chanteur de l’intime, farouchement indépendant qui en est tout de même à son 11e album. Laura Cahen est issue, comme Batik des repérages chanson des Bains-Douches qui la suivent depuis quatre ou cinq ans. Avec sa voix haut perchée, elle commence à compter dans la mouvance pop-rock.

Début novembre, c’est Michèle Bernard et Monique Brun qui iront à la rencontre du public: le 7 à Venesmes, le 8 à Levet et le 9 à Saint-Loup-des-Chaumes. Une chanteuse et une comédienne chanteuse pour une veillée de musique et de mots.

Gaël Faye n’est plus un inconnu depuis que son roman « Petit Pays » a reçu le Goncourt des lycéens. Il a été chanteur de rap avant d’être auteur et ce sont ses mots slamés qu’il sert en musique le
15 novembre.

Soirée douceur le 18 novembre avec la violoncelliste et chanteuse brésilienne Dom La Nena qui a travaillé avec Jane Birkin et Camille. C’est son deuxième album solo de chansons en portugais et espagnol. On reste en apesanteur avec Katel qui ne joue pas la carte de la séduction mais préfère séduire le public avec le souffle de sa voix. Une soirée pour rêver.

Enfin le 2 décembre, les Bains Douches retrouvent Emily Loizeau, après un rendez-vous raté voici deux ans. Emily revisite cette fois, ses quatre albums aux couleurs très différentes pour évoluer en déséquilibre, tantôt grave, tantôt espiègle, ironique ou fragile. Un drôle d’oiseau à l’art singulier.

Pratique :
> Samedi 7 octobre à 21 h;
Lucrèce Sassella – Amélie les Crayons, de 23 à 7€.
> Samedi 21 octobre à 21h;
Batlik – Laura Cahen de 23 à 7€.
> Les 7, 8 et 9 nov à 20h30 à Venesmes, Levet et St Loup-des-Chaumes;
Michèle Bernard – Monique Brun, de 12 à 7€.
> Mercredi 15 novembre à 20h30; Gaël Faye, lectures musicales 
de 20 à 7€.
> Samedi 18 novembre à 21 h;
Dom la Nena – Katel, de 23 à 7€.
> Samedi 2 décembre à 21h;
Emily Loizeau, de 23 à 7€.

Billetterie en ligne sur le site 
www.baindouches-lignières.fr
Réservations au 02.48.60.19.11


Florence Leclerc, d’Equinoxe aux Bains Douches

Florence Leclerc ne quitte pas complètement Châteauroux, même si son avenir professionnel est aux Bains-Douches.

 

La nouvelle directrice des Bains-Douches prendra ses fonctions début octobre. La passation de pouvoirs avec les Marchet se fera petit à petit.

On ne remplace pas Jean-Claude Marchet, on lui succède. La formule, utilisée à toutes les sauces est peut-être galvaudée, mais elle prend cette fois toute sa signification. Florence Leclerc, qui vient d’être nommée directrice des Bains-Douches à Lignières, n’entend d’ailleurs pas balayer l’héritage de ce que Jean-Claude et Annie Marchet ont construit en quarante ans. « Ils me laissent un lieu superbe, une équipe très professionnelle et Jean-Claude est connu et respecté dans la profession. Si tout le monde ne va pas à Lignières, tout le monde connaît les Bains-Douches, même s’il s’agit de la plus petite Scène de Musique Actuelle de France. » Son accent en fait foi, Florence Leclerc n’est pas berrichonne. C’est la culture qui l’a conduit dans les brumes du nord, elle, la Nîmoise. Elle avait fait ses études et débuté sa carrière dans le sud lorsqu’une opportunité s’est présentée « C’était Châteauroux, mais il s’agissait de travailler à Equinoxe ! J’ai pu apprendre plein de facettes du métier, aux côtés de François Claude, relations publiques, mécénat, je m’occupais également de la programmation danse et du pôle ressource danse pour le développement de la danse contemporaine. Elle s’est mariée à Châteauroux et ses enfants suivent des cours de musique au conservatoire. Alors quelle idée de quitter Châteauroux ?

« Je ne quitte pas Châteauroux et je profiterai de mes parcours Châteauroux-Lignières pour écouter un maximum de CD. » Si Florence fréquentait régulièrement la salle de Lignières en spectatrice, elle va devoir se familiariser avec un nouveau domaine culturel.

« J’ai construit mon projet sur trois thèmes : les racines, la convivialité, l’ouverture. L’ancrage territorial est essentiel, l’accueil du public et des artistes c’est la spécificité des Bains Douches, l’ouverture parce qu’il faut attirer un nouveau public, ne pas se contenter des habitués. Il faudra aller à sa rencontre, ce qui a commencé à se mettre en place ou faciliter la venue des jeunes. Vital aussi le contact avec les collectivités locales, il ne faut pas cesser de rappeler que privilégier la culture faisait partie des objets du Conseil National de la Résistance. Ce n’est pas un luxe mais une nécessité. Par exemple, j’aimerais aussi favoriser la transdisciplinarité entre artistes de cirque et chanteurs. Les pistes à creuser ne manquent pas. »

Florence arrive avec une programmation de saison bouclée par Jean-Claude Marchet, ce qui lui laisse le temps de prendre ses marques et de préparer sereinement les festivités du quarantième anniversaire de l’association.

P.B.