Elle est la « Geneviève de Fontenay » de l’Indre

Les 16 jeunes filles des six départements de la région en compétition vendredi.

Marie-Alice Sabourin n’a jamais participé à un concours de beauté. Entrée par hasard dans le monde des Miss, elle organise le 20 octobre l’élection de Miss Centre, avec en toile de fond le concours de miss France, à Châteauroux, en décembre.

C’est vrai, elle ne porte pas de chapeau et n’a jamais été Miss France, mais Marie-Alice Sabourin, aux côtés de son mari, joue le même rôle que l’iconoclaste dame au chapeau lorsqu’il s’agit d’apprendre à ses candidates à se mouvoir sur scène et à répondre intelligemment aux questions qu’on leur pose.

Petit Berrichon : Qu’est-ce qui vous a conduit à organiser ces concours de beauté ?

Marie-Alice Sabourin: Mon mari était président du Lion’s Club en 1994 et nous avons organisé pour le club un défilé de mode avec Geneviève de Fontenay. Elle nous a lancé le défi d’organiser un concours régional de Miss. On s’est dit «Pourquoi pas» et on s’est pris au jeu. Depuis que nous sommes en retraite nous avons beaucoup plus de temps à consacrer à cette passion et sommes les référents pour Centre-Val de Loire et Auvergne.»

P.B. : Le fait que le concours Miss Centre-Val de Loire a lieu comme celui de Miss France au Mach 36 doit constituer
une motivation supplémentaire pour les candidates. Lorsque l’on est la régionale de l’étape on a des chances de mieux figurer. 

M-L S. : Effectivement, on a connu une époque où les rangs des candidates sonnaient un peu creux lorsqu’il s’agissait d’élire des Miss Berry ou Miss Centre. Désormais nous organisons des sélections départementales, mais on n’est pas obligé de passer par ces sélections pour se présenter au concours. Cette année nous avions trente six candidates et en proposons seize au concours, vendredi.

P.B. : Au fil des concours on a l’impression qu’il faut avoir la tête bien faite pour avoir des chances de l’emporter.

M-L S. : Attention ça reste un concours de beauté. Mais c’est vrai que nous leur faisons passer des tests et dans certains domaines leur niveau est aussi affligeant que celui de la plupart des jeunes de leur âge. Elles proclament toutes vouloir représenter leur région, mais elles ne la connaissent pas. Lorsqu’elles savent ce que signifie préfecture elles sont capable de citer le nom de la préfecture de leur département, mais rares sont celles qui connaissent les six préfectures de la région. En général, elles ne peuvent citer que le numéro du département, pas son nom.

Les jeunes ne s’informent plus par les moyens traditionnels, presse écrite, radio, télé, mais par des sites qu’ils trouvent sur leurs smartphones et les bases sont pour le moins fragiles. Cela dit on a tout de même trois filles qui ont décroché 18/20 aux tests.

P.B. : Est-ce qu’il est possible d’influencer le vote du public avec un maximum d’amis dans la salle ?

M-L S. : Pour vendredi nous sommes à une jauge de 1500 places et nous aurons sans doute 1200 à 1300 spectateurs. Pour fausser le vote il faudrait venir à cinq cents personnes. Pas envisageable d’autant moins qu’une bonne partie du public est composée d’amateurs de ces manifestations qui votent en connaisseurs, pas en supporters. Et puis, il y a ensuite le vote du jury qui n’est pas obligé de suivre la salle. Ca tempère.

P.B. : L’élection de Miss France en décembre sera en toile de fond de ce concours. Avez-vous repéré des candidates prometteuses pour le concours de Miss France. 2017 est-il un bon cru ?

M-L S. : Vous voulez faire de moi un entraineur vantant ses pouliches pour la prochaine course. On repère assez vite les profils prometteurs car la beauté doit être accompagnée d’une sorte de charisme, une présence. Nous avons deux ou trois très bonnes candidates à mon avis. Encore faut-il passer la barre de l’élection de samedi. Nous ne pourrons rien pour une candidate éliminée par le public. Les critères du jury sont un peu moins émotionnels, mais il faut passer le premier tour. »

P.B. : Avoir le concours Miss France dans sa zone c’est une consécration ?

M-L S. : Une satisfaction, mais là c’est Endemol, avec à sa tête Sylvie Tellier, en ce qui concerne le comité d’organisation, qui gère le concours et le séjour des Miss à Châteauroux. Nous ne sommes là que pour donner un coup de main ou mettre nos contacts à la disposition de l’organisation.

P.B. : Nous avons entendu dire que vous étiez le maitre de danse du concours.

M-L S. : ça été vrai aux débuts, mais désormais nous avons un maître de ballet pour faire travailler les filles.

P.B. : Est-ce qu’on vous reproche encore souvent d’être des sortes de Thénardier exploitant la jeunesse de vos Miss ?

M-L S. : Je me souviens avoir été profondément marquée par un article rédigé dans un département voisin, par une journaliste dont j’ai oublié le nom depuis longtemps, qui prétend défendre la cause des femmes. Désormais nous sommes un peu blindés. Mais regardez dans l’ensemble l’évolution de la Miss France au cours de son année de mandat et son parcours après avoir rendu sa couronne. Notre Miss France 2017, trop introvertie n’est peut-être pas le bon exemple, mais les réussites ne manquent pas. A commencer évidemment par Sylvie Tellier (Miss France 2002, avocate, femme d’affaires, et finalement directrice du comité Miss France, NDLR).

P.B. : Comment vit on à quelques jours d’un tel événement ? 

M-L S. : ça va être chaud, comme d’habitude, mais je crois que nous avons besoin de cette adrénaline pour réussir une belle soirée.

Propos recueillis par Pierre Belsoeur

Pratique : Election de Miss Centre-Val de Loire, vendredi 20 octobre au MACH 36 à 20h30. Prix des places (assises et numérotées) de 15 à 25€.