Jean-Luc Brault : « je ne suis pas un nomade politique moi ! »

INTERVIEW :  Questions, réponses. Nous avons pris la température des dossiers auprès du maire de Contres et président de la communauté de communes Val de Cher Controis.

En guise de préambule, quels sont les projets en cours pour information et/ ou rappel sur le périmètre de l’intercommunalité ?
« D’abord, il y a l’installation du chocolatier Max Vauché. L’appel d’offres vient d’être lancé et les entreprises ont encore 15 jours pour répondre à ce beau projet. Un magasin et une unité de production sont prévues en plein coeur de la zone industrielle, en face de St-Michel. C’est une bonne nouvelle, avec une trentaine de salariés sur site. C’est aussi la confirmation de notre techno-pôle et zone industrielle agro-alimentaire. St-Michel ? Les bureaux annoncés sont en stand-by pour le moment, mais une réflexion très positive pour le Val de Cher Controis est en cours; il faut bien avouer que la grande distribution ne fait pas de cadeaux à l’industrie agro-alimentaire… Quant à Marco Polo Foods, cette entreprise a un projet de s’agrandir ; elle vient de reprendre une affaire identique dans le Sud de la France et souhaite une production de sushis façon artisanale. L’intercommunalité a aussi un autre projet de construction de bureaux administratifs à destination d’entreprises, sur le secteur du rond-point de la route de Cheverny. Enfin, notre agroparc Food Val de Loire va s’étendre, le “village by CA” avec la CCI et le Crédit Agricole prend plus de temps que prévu mais est bien sur les rails.»

Et le futur hôpital de Selles-sur-Cher, ça avance ?
« Oui, on peut espérer un appel d’offres en juin-juillet, une première pierre à la fin 2019. Même si c’est un équilibre bien fragile vu ce qui se passe au niveau national, notamment au niveau de la santé… Sinon, autre dossier sur Selles, concernant la nouvelle caserne gendarmerie, nous devrions très vite recevoir l’accord définitif des services immobiliers de Paris qui nous confirmeront les mètres carrés à prévoir en termes de logements, de locaux administratifs et techniques, afin de pouvoir lancer l’appel d’offres. Il nous reste à obtenir une certaine somme venant de la DETR (dotation d’équipement des territoires ruraux) pour aider le financement de ce projet, pour que l’ensemble des loyers paie l’emprunt que la Communauté de communes du Val de Cher Controis va être obligé de faire, l’État régalien se défaussant aujourd’hui sur notre intercommunalité. »

Cette partie du territoire départemental bouge. La ruralité a donc de l’avenir ou n’est qu’une « mode » ? Quel est votre sentiment sur les questions de (dé)centralisation du pouvoir à Paris, alors même que le président Macron s’est déplacé dans l’Indre au chevet des maires ruraux ?
«Je comprends l’état d’esprit des vrais Gilets Jaunes, ceux du début. Il y a des gens dans une souffrance financière et morale terrible. Mais je ne comprends pas par contre qu’ils se laissent instrumentaliser par certains qui sont là pour casser la République, c’est inadmissible. Et je n’ai pas été invité à venir m’exprimer dans l’Indre mais si j’avais quelque chose à dire à l’équipe Macron, c’est que l’erreur est ne pas s’être attaqué de suite au vrai problème, à savoir le chômage. Des lois doivent être créées à ce sujet. Avec notre politique sur l’apprentissage, notre Communauté de communes a prouver que dans les territoires se trouvent des pépites et des jeunes prêts à apprendre des métiers. Nous avons déjà fait remonter l’information. On nous félicite à Paris mais c’est tout… ! »

Premier forum des entreprises de la Vallée du Cher en mai au château de Selles-sur-Cher. Avec le député Guillaume Peltier mais sans vous… Une nouvelle réaction ?
« J’ai adressé à l’ensemble des maires un courrier dans lequel j’explique pourquoi je n’y participe pas. Tout a été décidé dans le dos de notre communauté de communes val de Cher Controis. Alors que je rappelle que notre première compétence, c’est le développement économique… Il est inadmissible que des actions soient réalisées avec le maire de Selles sans que nous ayons été avertis. D’autant plus lorsque l’on prétexte auprès de certains élus qu’on a tenté de me joindre. C’est faux et c’est un manque d’élégance. Qu’on me prouve les appels que ni mon directeur de cabinet, ni ma directrice, ni moi-même n’avons reçus ! En outre, Guillaume Peltier affirme que 600 emplois ont été trouvés lors des premiers forums organisés en Sologne; qu’on m’en apporte là aussi la preuve car aux dires de son ancien président Claude Beaufils, on est très très loin du compte… A contrario, moi j’ai des chiffres, des noms et des documents à l’appui à propos des 200 contrats d’apprentissage que nous avons signé en à peine deux ans. Je tiens d’ailleurs à remercier l’ensemble des élus de m’avoir suivi sur cette action pour nos entreprises, PME-TPE, artisans et commerçants. Je ne suis pas un nomade politique moi ! Je suis ancré dans mon territoire qui m’a élu il y a 25 ans. »

Il se murmure enfin que vous seriez fâchés avec le maire de Romorantin, Jeanny Lorgeoux, au sujet d’une future agglo’ au Sud ?
« On aura souvent voulu qu’on le soit mais bien sûr que non ! Je ne suis pas fâché avec Jeanny Lorgeoux. C’est un ami et il le restera quoiqu’on fasse. Si un jour, il y eut la possibilité de créer une agglomération entre le Val de Cher Controis et le Romorantinais, c’est vite tombé à l’eau car nous nous sommes rendus compte tous le deux que les compétences exercées par les uns et les autres n’étaient pas arrivées au même niveau. Sur le Controis, nous sommes par exemple en avance sur la fiscalité, l’enfance jeunesse et la GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Mais une agglo’ plus tard, pourquoi pas ? Et tout cela, j’insiste, en bons termes avec Jeanny Lorgeoux, n’en déplaisent aux mauvaises langues… »

Emilie Rencien