La Ferté-Imbault – Le chef d’œuvre de Bourguignon va de bon cœur

TALENT Maxime Brousse, de son nom de compagnon « Bourguignon va de bon cœur »  a présenté aux propriétaires du château de la Ferté Imbault, Olivier Ojzerowicz et Geoffroy Medinger le chef d’œuvre qui lui a permis d’accéder au rang des Compagnons du Devoir et du Tour de France.
F.M.


Le jeune homme de vingt-deux ans a choisi de reproduire la charpente du dôme dit à « l’impériale », typique du style Louis XIII et resté inchangé depuis 1620, pour son chef d’œuvre qui signe sa réception comme compagnon charpentier. La confection de cette maquette au 1/10e en chêne (quatre cent cinquante pièces) et en frêne pour le socle a occasionné huit cents heures de travail pendant quatre mois, en plus de son travail d’apprenti en entreprise.
« Lorsque je faisais mon tour de France comme apprenti compagnon, j’ai travaillé pendant un an dans l’entreprise Rapaud-Dosque à Salbris où j’ai découvert le château de la Ferté-Imbault et son dôme à l’architecture exceptionnelle, indique le jeune artisan. Je me suis dit que j’avais trouvé là mon chef d’œuvre et que c’était un beau défi à relever. La réalisation de cette maquette a été un travail passionnant et je regrette presque de l’avoir terminée. »
Pour devenir compagnon, le jeune doit faire deux ans d’apprentissage dans une maison de compagnons puis effectuer un tour de France pendant cinq ans où il découvre différents savoir-faire auprès de différents compagnons puis réalise un chef d’œuvre évalué par ses futurs pairs. Reçu compagnon, il retransmet ensuite son savoir aux plus jeunes pendant trois ans avant de s’installer, chose que fait actuellement Maxime, étant responsable de onze jeunes dans une maison de compagnons à Lyon.
« Devenir compagnon est un parcours difficile car on est loin de sa famille et on doit se gérer, ce qui permet de devenir vite autonome et de murir, reconnait le jeune charpentier. Mais nous sommes très bien suivis, car il y a un esprit fraternel chez les compagnons qui sont devenus ma seconde famille. En voyant travailler nos aînés, on a envie de devenir comme eux, ce qui permet vite de concevoir son futur métier comme une passion. »
Les propriétaires du château qui, depuis l’an passé, l’ouvrent au public pour des visites pendant l’été, ont tout de suite accepté la demande de Maxime d’accéder aux combles du dôme afin de prendre des mesures : « Le projet de Maxime est une belle aventure de transmission et nous connaissions la réputation de sérieux des compagnons du tour de France. Nous avons eu le coup de foudre pour ce château et nous souhaitons partager ce sentiment et le travail de Maxime fait, pour nous, partie de ce partage. »
«  Maxime, je l’adopte tout de suite, s’enthousiaste Thierry Dosque, dirigeant de l’entreprise Rapaud-Dosque, où Maxime a été le soixante-douzième apprenti compagnon embauché et dont le fils Mathieu va suivre les traces de son aîné. C’est un jeune très courageux et plein d’énergie comme tous les futurs apprentis. Ils sont loin de chez eux et travaillent dur car ils ont des cours jusqu’à dix heures du soir. Il faut être motivé ! ». Le patron précise aussi être en pourparlers pour la réouverture de la maison des compagnons de Romorantin : « C’est très important pour nos entreprises car les compagnons sont des jeunes sur qui on peut compter. J’ai recruté en septembre deux apprentis compagnons, un menuisier et charpentier et je cherche un couvreur. »
La maquette de «Bourguignon va de bon cœur» sera prochainement exposée au château où les visiteurs pourront la découvrir.

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