Là-haut sur la montagne, les deux pieds, les deux mains dans la …


Au fond du bus, en voyage avec la colo, au retour d’un match de foot, de rugby et autres, môme ou plus grand, la chanson paillarde énoncée dans ce titre, a été largement braillée sur l’air de « Malbrouk s’en va en guerre ». Cette dernière est toute aussi classique que la légionnaire marche « Tiens voilà du boudin »… même chez les Belges.
La version iconoclaste peut aussi être associée à la récente tribune militaire parue dans Valeurs Actuelles, un organe de presse avec des valeurs comme son nom l’indique qui démontre parfaitement que le code de déontologie journalistique inclut une importante part de subjectivité. Là, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier d’autres militaires, certains encore en activités, ont signé un texte qui dénonce le « délitement » de la France. Ils assurent être prêts à « soutenir les politiques » qui œuvreront contre cette « désagrégation » de notre société. En gros, ces messieurs en uniformes expliquent à ceux qui veulent bien les entendre que si les chars Russes n’étaient pas aux portes de Paris en mai 1968, les chars Leclerc sont quand même prêts à faire le ménage, si on le demande gentiment… Ils auraient dit ça en temps que citoyens, ce n’était pas malin. Mais, au garde-à-vous, les galons sur les épaulettes et les étoiles sur le képi, ça ne passe pas. Le devoir de réserve, c’était dans les articles de la page 2 du Manuel du parfait petit guerrier. Et vous savez ce que c’est, on n’a pas toujours le temps de lire les petites lignes.
George Clémenceau, homme politique avisé, avait, en son temps, expliqué que « la guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires ». Il ajoutait par ailleurs qu’il «suffit d’ajouter militaire à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas de la musique ». On peut le rejoindre et, dans la même veine, estimer que pour la politique et militaire va moins bien que Michelle, ma belle ! Sinon, cela ressemble plus à un putsch qu’à la garden partie sur les pelouses de l’Elysée pour un 14 juillet.
Quant à l’usage des armes, il ne parlait pas que des chasseurs lorsqu’il disait « on ne peut jamais savoir ce qu’il peut advenir d’un homme qui possède une certaine conception des ses intérêts et un fusil ». On peut avoir une certaine estime du « Père la Victoire », celle de 14-18 mais plus pour sa volonté à supprimer le Sénat, cénacle originel de la démocratie indirecte, que pour le reste de son œuvre. Genre vieille France quoi. Pour le reste , le Pépère avait tout de même une vision que l’on peut qualifier d’archaïque à l’aune de notre siècle.
Selon la ministre de la Défense, Florence Parly – rien que d’avoir pour cheffe une femme, ça doit leur titiller les neurones des fans de la fashion treillis- les généraux signataires proches de la retraite risquent la radiation. Une mise à la retraite d’office en quelque sorte. Pour le général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère, aucun problème pour mettre nom et grade au bas d’un parchemin, d’une feuille dactylographiée itou. Il s’en fout comme de sa première grenade défensive, offensive aussi, puisqu’il a déjà été radié en 2016 des cadres de l’armée. Une broutille : une manif contre des migrants à Calais …
Sputnick, une agence de presse multimédia internationale financée par la Russie, Marine Le Stylo, en grande défenderesse de la Démocratie à la mode militaire – les uniformes, les médailles, tout ça- ont, d’une manière ou d’une autre, apporté leurs soutiens à ces militaires-soldats. Il ne faut jamais laisser ses amis dans le besoin d’aide morale. Et la morale, mon bon Monsieur … c’est plus ce que c’était.
Au fait, Jojo le vendéen n’était pas non plus un perdreau de l’année. Le Tigre, premier flic de France à l’époque où il était ministre de l’Intérieur, a bien créé les brigades à son nom mais n’a pas manqué de réprimer sévèrement les grèves du début du siècle dernier. Ce ne sont quand même pas des prolos qui vont foutre le bazar non plus !
C’est foutu, on ne peut même pas le traiter d’Islamo-Gauchiste avant l’heure …
Maréchal des Logis Fabrice Simoes