Les jeunes, Internet et les mondes virtuels

AU SECOURS Y’A PLUS DE WIFI

Les parents d’adolescents ont tous eu à subir au moins une fois le desespoir de leurs enfants confrontés à une absence de réseau. La fin du monde pour les uns, l’agacement et l’incompréhension pour les autres. Les nouvelles technologies sont une source constante de tensions entre les générations. Conseils.

Fabien Tellier

U

ne conférence menée par Stéphane Blocquaux, docteur en sciences de l’information et de la communication, avait lieu en décembre. La CAF souhaitait permettre aux aux professionnels de l’enfance et de l’adolescence de mieux connaître et de comprendre l’utilisation d’Internet par les jeunes, nés avec cette nouvelle technologie, et de proposer des pistes d’accompagnement pour les parents, ces curieux personnages qui ont par exemple connus l’époque de l’appareil photo non numérique se remontant en faisant clac, clac, clac et dont on ne pouvait visualiser les  images qu’au bout de deux semaines après tirage. Cette fracture de génération a été expliquée par Stéphane Blocquaux durant deux heures devant, à chaque fois, une salle presque pleine. Les différentes frictions qui peuvent exister entre les jeunes et leurs parents à cause de l’usage de l’ordinateur, de la téléphonie ou des consoles de jeux ont été finement analysées par l’orateur. Quoi de surprenant en effet qu’il faille répéter plusieurs fois à son enfant de venir à table alors que celui-ci est en train de combattre une armée à la hache dans une forêt située dans un jeu immersif ? L’un des problèmes mis en avant est la dépendance due principalement à la dépréciation du monde réel face à celui illimité en possibilité qui est offert aux jeunes. Les pratiques de téléchargements frauduleux et les différents méfaits, tels piratages de comptes bancaires ou de comptes Facebook, ont été dénoncés comme extrêmement aisés à réaliser. Le fait que cela se passe numériquement pose l’illégal comme normal. L’autorité parentale proscrit le vol de cd, dvd ou livres dans les magasins mais ferme les yeux ou parfois est complice du pillage en ligne…

Stéphane Blocquaux a conseillé à l’assistance des deux conférences de contrôler les temps de connexions et de connaître les outils et les usages de leurs jeunes. « Chacun doit se positionner en tant que citoyen numérique sans chercher à interdire les pratiques. Jamais une invention n’a été aussi vite dans ses évolutions. Il est indéniable qu’un jeune, de nos jours, se construit tant dans le réel que dans le virtuel. 80 % des jeunes âgés entre 11 et 17 ans sont présents sur le Net une fois par jour et plus de 48 % d’entre eux se connectent aux réseaux sociaux plusieurs fois par jour. »