Les premiers pas de Baugy le grand

Saligny-le-Vif, trait d’union entre Baugy et Laverdine.

 

En mars 2018, Bernard Gindre, le maire de Laverdines et ses conseillers ont fait émerger une idée pleine de bon sens : s’associer pour être plus forts, projet utile car leur joli pays était tout petit. Pas en surface, bien sûr, mais en population.

Avec ses 9,89 km2 de bois, de prés, de champs doucement vallonnés, avec son élégant château rose et blanc et sa chapelle, l’étendue de ce village à l’habitat très dispersé était juste dans la moyenne des communes du Cher. Ce qui manquait, c’était des gens. « Avec 58 habitants seulement, on ne pèse pas lourd dans l’intercommunalité » constate le maire. Bernard Gindre, dont les ancêtres, soyeux lyonnais, étaient autrefois propriétaires du château, est passionné par la vie locale mais il avoue : « maire depuis 35 ans, ce serait bien que je puisse m’arrêter ». Or la commune manque de sang neuf : 7 conseillers municipaux, le minimum légal, pour 58 habitants, les élus représentent 12 % de la population, ce n’est pas raisonnable. Les habitants en sont convaincus, il faut du renfort. La loi du 16 mars 2015, sur l’organisation des communes nouvelles résultant d’une fusion, est arrivée juste au bon moment. Fusionner mais avec qui ? Trois communes proches avaient la taille suffisante. Après réflexion, tout bien pesé, les conseillers de Laverdines ont choisi Baugy, ses commodités, sa réputation ancestrale et son maire Pierre Grosjean, un « bon communiquant », c’est Bernard Gindre qui le dit.

Les balgiciens sont intéressés par cette proposition mais, pour que l’opération soit réalisable, il faut une continuité territoriale. Les deux communes sont séparées par celle de Saligny-le-Vif qui doit donc aussi entrer dans le montage. Contrainte ? « Pas du tout ! » souligne Christian Weingarten, le maire du pays. « Bien au contraire, nous y pensions, Bernard Gindre et moi, depuis plusieurs années. J’ai, pour ma part, travaillé sur ce projet en profondeur, d’abord avec les adjoints puis tous les conseillers et enfin nos concitoyens en réunion publique. L’accord est total ». Ici, comme à Laverdines, pas de dispute sur le nom de la commune nouvelle, ce sera Baugy, tout simplement. En fait, Saligniens et Balgiciens, sont comme des frères et depuis longtemps, souvenez-vous du Papa Jean.

Dans les trois communes concernées, les élus ont pris les choses au sérieux : « six mois de travaux ponctués de 18 réunions, le tout pour arriver à un texte consensuel et partagé par tous », précise Pierre Grosjean, le maire de Baugy. Ce texte portant « création d’une commune nouvelle » a été adopté à l’unanimité par les trois Conseils municipaux, chacun dans sa commune, le 5 octobre dernier, puis il a été validé par la Préfecture du Cher. « C’est la décision la plus importante de notre mandat », insiste Pierre Grosjean. Ainsi, depuis le 1er janvier, Baugy est passé de 1515 à 1759 habitants, un bon en avant dans un village qui était déjà en croissance avant la fusion et depuis plusieurs années. Belle extension aussi de la superficie pour cette commune nouvelle qui s’étend maintenant sur près de 48 km2, du pied de la colline de Gron aux portes de Nérondes. Pour tous, le centre-bourg de Baugy reste le point de rencontre du dispositif, organisé depuis longtemps autour d’une large avenue, en partie ombragée et bordée de boutiques, mairie dans le prolongement, marché bien achalandé chaque vendredi, un pays chaleureux, siège de nombreuses associations très actives, un pays qui a une âme.

Le conseil municipal de la commune nouvelle est, pour le moment, composé de l’ensemble des conseillers des trois communes. « A partir des prochaines élections municipales en 2020, le nombre de conseillers sera de 23 qui éliront un maire et 6 adjoints », explique Pierre Grosjean ». Tout est donc bien cadré, mis au point en quelques mois, un record, là ou d’autres communes du département ont échoués. Pour le moment deux projets de fusion seulement ont abouti dans le Cher : Corquoy et Baugy ; mais celui-ci est le seul à avoir réussi le regroupement de 3 communes. Exemplaire, donc. Et utile : « notre premier objectif est de mutualiser les moyens pour optimiser les résultats » commente Isabelle Desiaume. Bon début, avec « la réorganisation du travail des 9 agents municipaux sur les 3 sites » et « le versement prioritaire d’une subvention départementale au titre de la DETR ».  Premier besoin, selon Bernard Gindre : un véhicule municipal pour les déplacements des habitants entre les hameaux, les bourgs et les bourgades, à la demande et gratuits. Favoriser le vivre ensemble, ajouter au désir de campagne l’amélioration des moyens et des voies de communication est une préoccupation très actuelle et qui montre que les temps changent. Les gens d’ici l’ont bien compris.

 

Bernard Epailly