L’intelligence artificielle, oui et… non ?

Un premier forum européen s’est tenu au château de Chambord début septembre. Le futur sera résolument connecté mais….

E. Rencien

Il y a vingt ans, l’intelligence artificielle (I.A.) faisait partie des concepts jugés ultra ringards. Seul Steven Spielberg semblait assumer d’en parler dans un film daté de 2001, « A.I. » avec Jude Law et et Haley Joel Osment au casting, long métrage de science fiction narrant les aventures d’un professeur désireux de créer le premier androïde sensible dans un XXIe siècle où le quotidien se partage entre fonte des glaces, famines  et exodes, sur fond de robots assurant les tâches domestiques. La fiction rejoindra-t-elle la réalité incessamment sous peu ? Imaginer un avenir dématérialisé, où les applications et les machines remplaceraient les humains, dotées de capacités cognitives et émotionnelles similaires, peut quelque peu effrayer. En 2018, le terme est  en tout cas considéré comme « hype », tendance, dans l’ère du temps. Tout le monde ne parle plus que d’algorithmes. « C’est comme une recette de cuisine », décrira l’un des experts sur le sujet invité  lundi 3 septembre à Chambord, au milieu de décideurs publics, d’entreprises et de fonds d’investissements originaires des régions Centre-val de Loire, Bretagne, Pays de Loire, Nouvelle Aquitaine, Bourgogne, Franche-Comté. Une question de mode aussi, alors, surtout ? Les robots vont-ils nous envahir, avant les extraterrestres ? Quid des éventuels emplois supprimés (pour ne pas dire sacrifiés) ? L’ensemble des intervenants convoqués se sont montrés enthousiastes et positifs. Pas de menace de disparition d’emplois mais plutôt des métiers exercés différemment, par exemple. Le nerf de la guerre demeure le financement ainsi que la question de la formation, de la cyber-sécurité et de la protection de la vie privée. Des cursus de compétence numérique commencent à fleurir à l’université d’Orléans, tandis qu’un Conseil régional du numérique a vu le jour. La Chine et les États-Unis afficheraient toutefois entre 5 et 10 ans d’avance sur la France en  matière d’I.A. Le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, aura même osé affirmer que « le numérique enrichit notre réalité ». En tempérant. « Ce n’est pas un sujet de chapelle, cela se joue dans les territoires et cela doit accroître les identités existantes. Celui qui n’est pas connecté est sorti des écrans radars. Mais on peut penser le meilleur et craindre le pire. Il existe un risque d’exclusion. » D’autant plus lorsque l’on sait que l’accès au numérique n’est pas encore garanti à tous. Le déploiement de la fibre suit néanmoins son chemin, pendant que des bureaux collaboratifs où des ordonnances sont délivrées à distance par un médecin sont expérimentés dans l’Est du Loiret. Le monde se numérise et… Ce premier forum d’intelligence artificielle à Chambord nous a remémoré un documentaire vu sur TF1 sur le phénomène de « retour de courses », c’est-à-dire des Youtubeuses se filmant, détaillant leurs achats présents dans leurs caddies respectifs, du pot de cornichon à la boîte de champignons en passant par le gel WC. Le progrès laisse parfois pantois…