Maisons closes à Blois

Le Vert Galant

Blois abritait déjà au Moyen-Age une maison close sise rue Rebrousse-Penil, bien nommée, en plein centre-ville actuel, entre la rue du commerce et la rue basse.

Par la suite, et dans la période qui nous intéresse, les maisons ont quitté le centre-ville pour se faire plus discrètes, et on trouve dés 1830 le « Vert Galant », référence historique au vigoureux Henri IV à la verdeur bien connue, au 1 de la rue de Lauricard.

Aujourd’hui façade propre, l’immeuble s’est refait une virginité et abrite deux logements.

A la fin du XIXe siècle, la façade comportait une lanterne rouge éclairée au gaz et sensée attirer le chaland comme la lumière violette les moustiques, ainsi qu’une porte à œilleton permettant d’agréer les visiteurs.

Malgré ses dimensions modestes, ce lieu hébergeait en 1901 une dizaine de pensionnaires sous la direction impitoyable et ferme de Madame Georgette « gérante » de l’établissement, la cinquantaine énergique, mariée à Loulou les bagouses, seul homme autorisé à habiter dans la maison réservée exclusivement aux femmes de par la loi.

Cette petite équipe très structurée, avec ses deux sous-maitresses, véritables relais du pouvoir de la tenancière, et garde-chiourmes de ces dames, bénéficiait d’un « turn-over », d’une rotation du personnel assez rapide. Car les frimousses de Lola ou de Mado, avenantes à leurs arrivées dans l’établissement, perdaient de leur intérêt aux yeux des clients blasés au bout de quelques mois. Et c’est monsieur Loulou qui avait la lourde responsabilité du recrutement en ville, et avec l’avènement du chemin de fer, du recrutement à Paris, source inépuisable de renouvellement. Un vrai travail de recruteur basé en début de chaine sur la séduction de ces rabatteurs cyniques faisant miroiter une fabuleuse carrière de barman à de pauvres fille naïves, et souvent bretonnes.