Michel de Bourges

Michel de Bourges fut l’un des nombreux amants de George Sand. Avocat à Bourges, son nom reste lié au Berry.

Né dans le département du Var, à Pourrières, le 30 septembre 1797, Louis Chrystosome Michel sera élevé par sa mère car son père a été massacré par des brigands royalistes avant même sa naissance. Le jeune garçon gardera toujours cet esprit républicain en mémoire de son père. En 1815, il s’engage comme volontaire dans la légion du Var pour échapper aux royalistes. Il va faire des études de droit à Paris, tout en étant surveillant et répétiteur. Il se lie alors aux mouvements républicains clandestins où il côtoie Thiers. Reçu avocat en 1826. Il épouse une riche veuve et s’installe à Bourges où il devient vite un avocat réputé, défendant ses idées républicaines.

En 1830, il prend la tête de l’insurrection de juillet, et il est très déçu de voir Louis Philippe au pouvoir. En 1831, il obtient l’acquittement de 19 membres du comité d’action républicain. Il fonde alors un journal appelé « La revue du Cher » qui lui permet d’exprimer ses idées. C’est encore lui qui, en 1831, plante un arbre de la liberté pour fêter le premier anniversaire de la révolution de l’année précédente, ceci malgré l’interdiction du maire de Bourges. L’armée va arracher l’arbre et Michel de Bourges va être arrêté ainsi que ses amis, tous condamnés à un mois de prison.

En 1836, Michel de Bourges est chargé de plaider la séparation de George Sand et de son mari Casimir Dudevant. Il lui fera gagner le procès, lui permettant de garder sa maison de Nohant et  d’obtenir la garde des enfants. Ce sera l’occasion de leur rencontre. George Sand est sensible à ses idées républicaines qu’elle partage et il devient son amant. La romancière lui rend régulièrement visite à Bourges où ils ont des discussions politiques passionnées.. Leur liaison durera deux ans. Georges Sand écrira « Engelwald le chauve », roman fondé dur le personnage de Michel de Bourges. Elle ne le publia jamais et brûla le manuscrit après leur rupture.

En 1840, il préside des banquets républicains à Bourges et au Mans, réclamant le droit de vote pour tous.

Avocat des grandes causes, c’est lui qui va défendre les vendéens jugés à Bourges qui voulaient renverser Louis Philippe et le remplacer par le duc de Bordeaux. Il défendra aussi les canuts de Lyon et beaucoup d’autres républicains. C’est à cette époque qu’il prend le surnom de Michel de Bourges.

Député de Niort en 1837, il fait campagne pour la République, satisfait lorsqu’arrive la révolution de 1848. Il est alors nommé commissaire du gouvernement provisoire, seulement pour 24 heures car Félix Piat le remplace très vite.

En 1849, il est élu à l’assemblée législative, député de La Montagne, il prononce plusieurs discours engagés. En 1851, il fait partie du comité de Résistance contre le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte. Recherché par la police, il s’exile en Suisse puis en Belgique où il mourra en 1853.