My name is Républicain


Un pistolet Berretta en main, le silencieux pointé vers le ciel, il s’avance. L’œil est sombre et froid. Le  costard coupé sur mesure, la talonnette à la bonne hauteur. La célèbre réplique de Ian Fleming claque sur un fond sonore envoûtant: « my name is Républicain. Nicolas Républicain ». C’est bizarre mais je ne vois pas bien l’affiche et encore moins le générique défiler sur l’écran … C’est comme ça. Des fois on se fait un film de notre vie quotidienne. C’est tellement plus marrant.
Un mot qui en remplace trois, c’est une économie d’encre et de stylo.  Aussi, à l’instar d’un produit pour les jours de grande lessive, ça efface les taches et rend plus blanc que blanc. D’autant que le Républicain est comme les pêcheurs, ou plus encore les chasseurs. Il n’a rien à voir avec le mauvais Républicain. Parce que le mauvais Républicain, il fait la République et puis après … alors que le Bon Républicain, lui, il fait la République et puis après !!! Toute la différence est là, non ? Voilà quelques temps encore nous avions, dans le langage courant, le Bon Samaritain. Désormais nous aurons aussi le Bon Républicain. Parce qu’il va falloir choisir son camp camarade. Non, pas camarade. On va dire acolyte, complice, compagnon, compère, collègue, servant, adepte, partisan, affilié, adhérent, disciple, fidèle, sécateur, séide, affidé, élève, ami, allié (liste non exhaustive  de synonymes odieusement copiés à partir d’un traitement de texte informatique).
Faut reconnaître que Nicolas, le fils de Pal, et ses potes de l’Urticant Mélange Pédant ne se sont pas cassés le fion (avec deux L, pour les amoureux des jeux de mots à deux balles) pour se trouver un nouveau nom. Républicain, c’est pas compliqué. C’est joli. Cela donne une connotation populaire voir populiste. Et surtout cela permet d’avoir des références historiques mondiales, voir animalières. On a, par exemple, l’éléphant des républicains américains. Une comparaison qui ne devrait pas déplaire à nos nouveaux Républicains libéraux à souhait. Par contre si on parle à des descendants de Républicains Espagnols, il n’est pas certain qu’ils s’y retrouvent. Du coup on peut se demander si la France est un pays à tendance anglo-saxonne ou latine. Jusqu’alors on disait de notre hexagone qu’il avait un caractère très Latin. Les temps changent. « … La ligne est tracée; Le sort en est jeté; Le lent aujourd’hui; Sera demain rapide; Et le présent d’aujourd’hui; Sera demain le passé ». Sacré Bob, en avance sur son temps.
Rien que les dernières élections, dans divers pays européens, auraient du nous interpeller. D’un côté, nous avons un David Cameron large vainqueur de ses élections britanniques. De l’autre, on retrouve les chefs de file de Podermos qui s’emparent des villes espagnoles les plus importantes. Le Libéralisme à tous crins opposé à une forme d’extrémisme de gauche (qui n’a absolument rien à voir avec l’extrémisme de Droite, soit dit en passant). Version nordiste, on se réfère à Margaret Thatcher. Au Sud, Che Guevara est pratiquement sacralisé … On dit ça et aussitôt on comprend mieux où mène la réforme du collège. Si l’on supprime le Latin et le Grec au profit de l’Anglais on se facilite les choses, non? L’élévation de l’homme par le coup de chance, le paraître, le futile et superflu, le rêve, aux dépends de celle par l’esprit et l’intelligence. C’est un concept certes égalitaire. Il montre en de maintes occasions ses propres limites. Si on est con comme un boulon on ne devient pas un  génie par la grâce d’un examen au rabais. Comme disait l’humaniste Coluche, faute de français à l’appui, « tout le monde est égaux mais certains sont plus égaux que d’autres… » A méditer !!! D’ailleurs, David, pas celui de Michel-Ange mais l’occupant du 10 downing street, veut assurer le coup et va faire un  référendum pour demander si les sujets de sa Majesté Elisabeth, number Two, souhaitent bien rester dans l’Europe, ou pas. Certains Euro-sceptiques rétorqueront que l’Angleterre n’a jamais fait partie de l’Europe. Ce qui n’est pas totalement faux mais le débat n’est pas là.
Je sens qu’un autre exemple est nécessaire, nous allons donc faire une comparaison similaire mais cette fois dans un autre domaine: celui de l’économie. Au hasard, on prend la plus sereine, celle de l’Allemagne, et la plus controversée, celle de la Grèce. Un monde sépare les coffres forts de ces deux pays. Un monde et des copains! L’Allemagne de 2015 ne veut pas entendre parler d’ajustement de la dette des Grecs. On peut les comprendre sauf que les Grecs eux ne comprennent pas que ce soit l’Allemagne qui lui demande des sacrifices économiques. Sur la place de l’Acropole, les dirigeants de Syriza, la Gauche radicale appelée à diriger le pays depuis quelques semaines, contemplent plusieurs siècles d’histoire et se souviennent qu’en 1953, la dette allemande a été divisée par deux. Un coup de baguette magique venu des États Unis avait suffit pour gommer cet argent virtuel. De fait, désormais, y a comme une incompréhension entre Méditerranéens et Saxons, même chez les économistes .
Au delà de ces clivages ethno-géographiques, s’appeler Républicain c’est en accepter les droits et obligations. Républicaine, la Droite se doit d’être populaire au-delà de son propre parti. Sur ce coup-là, il n’est pas certain que Nico de Neuilly soit le meilleur argument, pour le moment, à présenter au bas peuple, celui qui se lève tôt et n’a pas, pour autant, gagné beaucoup plus ces derniers temps. Et puis s’il est facile de faire oublier sa Rolex par un surnom de Flamby, il est toujours plus délicat de remplacer Bygmalion par Républicain.
Fabrice Simoes