Témoignage : Mésaventure ferroviaire, avec la SNCF, rien n’est plus possible


Dans le cadre des revendications contre les fermetures de guichets et des gares de la SNCF, notre pigiste vous conte une mésaventure personnelle arrivée récemment, un jour de semaine entre Saint-Pierre-des-Corps et Villefranche-sur -Cher.
Rien ne laissait présager une telle mésaventure pour votre serviteur, simple voyageur perdu dans la gare de Saint-Pierre-des-Corps et bien en peine pour acheter honnêtement son billet. Il faut rappeler que la gare de Saint-Pierre-des-Corps est la gare TGV de Tours, grand centre régional et que cette gare voit passer des centaines de trains par jour y compris les TGV à destination de Paris ou d’autres grandes métropoles. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il était impossible de payer avec de l’argent sonnant et trébuchant pour acheter mon billet, car ayant oublié ma carte bancaire je me trouvais fort dépourvu quand fut venu le moment de régler mon billet de passage d’un montant de 15€. Je constatais qu’il n’y avait aucun moyen de payer avec des pièces ou des billets, billets qui ont normalement valeur dans toute la France. J’ai donc essayé de trouver un guichet ouvert et je constatais avec stupeur qu’aucun guichet n’était ouvert le matin ce jour-là, en semaine, et qu’il fallait attendre 13h la réouverture des guichets, mon train étant à midi. Innocent, je montais benoîtement dans le train prévu, le TER en direction de Lyon, et dès que je vis passer dans le couloir le contrôleur, je le happais avec mon plus grand sourire en lui expliquant mes mésaventures et en signalant que j’avais donc été dans l’impossibilité d’acheter le billet malgré ma bonne volonté.

Le voyageur a toujours tort
Le contrôleur me donna à ce moment-là un petit ticket en attendant de me délivrer le billet en me disant qu’il avait bien pris en compte que je m’étais déclaré de bonne foi avant le démarrage du train. Le train démarre, je m’assoupis à moitié, et je suis réveillé par le même contrôleur qui repasse à ce moment-là dans son rôle de contrôle des billets, je lui montre mon petit ticket provisoire prouvant ma bonne foi et je lui explique à nouveau le contexte. Impossibilité d’utiliser les machines avec de l’argent liquide et impossibilité d’acheter le billet auprès d’un guichet qui est fermé à ce moment-là en pleine journée, on n’est pas la nuit, on n’est pas un dimanche, on est en pleine journée en semaine : « monsieur vous n’aviez qu’à prendre votre billet à Tours ! », mais je n’étais pas à Tours, j’étais à Saint-Pierre-des-Corps, on m’avait déposé gentiment à Saint-Pierre-des-Corps pour que je prenne le train. Malgré mon calme, le contrôleur me signifie que je suis en infraction et que je vais payer une pénalité de 10€ pour un billet de 15€ soit près de 70% en plus du prix de mon billet. Pas moyen de discuter sans risquer de faire encore monter le prix de l’amende, je me suis donc acquitté en liquide (détail croustillant !) avec mes euros en billets auprès du contrôleur qui m’a remis un reçu. Voilà ma mésaventure exemplaire de ce que sont en train de vivre les voyageurs, soit-disant des usagers de la SNCF (plutôt des usagés !), qui utilisent les trains régionaux et se trouvent dans une des situations ubuesques où il leur est reproché de ne pas avoir de carte bancaire et de ne pas aller dans les gares où les guichets sont ouverts.
Je m’associe pleinement au mouvement actuel entraîné par la CGT ferroviaire, en particulier celui qui avait donné lieu à des manifestations contre la fermeture du guichet de la gare de Villefranche-sur-Cher.

G.Br.