La gendarmerie de Loir-et-Cher rend hommage à Arnaud-Beltrame


L’acte de bravoure du colonel Arnaud-Beltrame restera dans la tête de tous les gendarmes et de tous les habitants de La Chaussé-Saint-Victor grâce à la caserne qui porte déjà son nom.

Mireille Chéneau, citoyenne de La Chaussée-Saint-Victor, en compagnie d’autres habitants de cette commune, en avait lancé l’idée, reprise par le conseil municipal.

Mais, comme il était délicat de donner le nom d’une rue, dans la future zone industrielle locale, (c’eut été vraiment mal choisi), le député Stéphane Baudu évoqua, alors, la caserne de gendarmerie qui pourrait être nommée «Caserne Colonel-Beltrame», à la mémoire et en hommage de ce héros qui donna sa vie, en 2018, à la suite d’une prise d’otages dans un supermarché dans la zone industrielle de Trèves, commune proche de Carcassonne, pour sauver l’une d’elles. Les diverses démarches accomplies, tant sur le plan militaire, puis auprès de la famille du disparu, du propriétaire des locaux, ont abouti à un accord unanime, qui a été concrétisé par la découverte de la plaque qui orne la façade la caserne de l’escadron départemental de sécurité routière.

Jacqueline Gourault et Marc Fesneau, ministres ; le député Baudu, précité ; le sénateur Jean-Marie Janssens ; le préfet Yves Rousset ; le colonel Guilhem Phocas, commandant le groupement de gendarmerie de Loir-et-Cher ; de nombreuses hautes autorités ; plusieurs élus, présidents d’associations militaires et/ou civiles, et une très forte délégation de gendarmes, policiers, pompiers…ont suivi les divers moments émouvants de cette cérémonie à laquelle assistaient, également, les élèves de la classe élémentaire des Basses-Roches de La Chaussée.

Marie-Claude Dupou, maire, a salué la mémoire d’Arnaud-Beltrame «un nom qui rayonne à travers tout le Pays. Un geste que la Nation n’oubliera jamais. Il a fait le choix de ne pas subir, de dire non à l’inacceptable. Il connaissait le risque. Son acte est héroïque, comme sa bravoure qui est allée jusqu’au sacrifice suprême».

Rendant hommage à tous les membres des forces de l’ordre ainsi qu’aux treize militaires et trois secouristes récemment décédés, Marie-Claude Dupou cita Hélie de Saint-Marc, dans sa conclusion «Donner sa vie pour plus grand que soi est l’accomplissement d’une vie humaine. Peut-être faut-il prendre les épreuves, non comme quelque chose que la vie nous enlève, mais comme quelque chose que nous donnons. J’ai vu des hommes tomber pour que d’autres restent. J’ai su ce que voulait dire être responsable d’autrui. Sacrifier sa vie pour son pays, ou pour autrui, est un choix aussi irrationnel que de donner la vie. Il a le même poids et la même hauteur».

«Il restera dans la mémoire de tous les gendarmes. Nous lui rendons hommage pour son exemple» a souligné la colonel Phocas avant que Jacqueline Gourault ne termine en souhaitant que la mémoire d’Arnaud-Beltrame soit toujours vivante dans l’esprit des habitants de La Chaussée, mais aussi de tous les gendarmes et des Français, en général. «Son nom est celui de l’héroïsme français. Les barbares ne gagneront jamais. Il a donné sa vie pour un idéal». Et de citer le général De Gaulle «Il n’est de plus grande gloire que celle des hommes qui n’ont pas cédé».

De Gaulle, Hélie de Saint-Marc. Deux noms réunis pour un hommage à un héros. La France, dans le drame, se réconcilie avec son Histoire…Dommage, et certains l’ont regretté, qu’il n’y ait pas eu une minute de silence observée et l’interprétation de La Marseillaise, chant que les élèves s’étaient préparés, paraît-il à entonner. Mais les différents protocoles n’ont pas travaillé sur le même programme, semble-t-il…Vraiment dommage !

Jules Zérizer