Les Oiseaux, de Tarjei Vesaas – par Marieke Aucante

A l’heure où la réalité des jours pèse sur nos existences une envie d’évasion s’impose.

Les Oiseaux nous emporte dans l’imaginaire non conformiste d’un homme qui a grandi près d’un lac aux côtés de sa sœur et n’a jamais pu partir, ni pour un travail, ni pour changer de région. Après de quarante ans, Mattis, obnubilé par ses pensées et ses rêves n’arrive pas à s’ancrer dans la vie matérielle. Il est sensible aux signes envoyés par la nature qui l’entoure. Il est persuadé d’avoir établi une connexion privilégiée avec une bécasse. L’équilibre qu’il vit sa sœur va être bousculé par l’arrivée d’un étranger dont il comprend peu de choses hormis la relation durable tissée avec sa sœur Hege, qui jusque là ne s’occupait que de ce frère, différent des autres. « Juste derrière la clôture, au milieu des sapins verts, s’élevaient deux trembles desséchés, aux couronnes blanches et dépouillées. Ces deux arbres dressés tout près l’un de l’autre, les gens les appelaient Mattis-et-Hege.Ca n’avait rien d’officiel, Mattis l’avait entendu par hasard. Une expression contractée en un mot, ou presque : Mattis-et- Hege. Si elle lui était venue aux oreilles, c’est qu’on devait l’utiliser depuis longtemps.
Ce roman inclassable et touchant, écrit en 1957, pose un regard d’une rare délicatesse sur un personnage à part et pourtant si sagace. C’est le chef d’œuvre de cet auteur, disparu en 1970 . Babel le réédite et incontestablement, ce livre traduit du norvégien mérite d’être redécouvert.

Marieke Aucante


Les Oiseaux, de Tarjei Vesaas

Traduit du norvégien par Marina Heide.
Babel. – 8,70 euros – À retrouver chez votre libraire habituel