Open Agrifood : la « Ferme France » est en marche

DU CHAMP À L’ASSIETTE Les 21 et 22 novembre s’est tenue à Orléans la 5e édition de l’Open Agrifood, qui a réuni des dizaines d’agriculteurs, d’industriels et de distributeurs. Placée sous le signe de l’excellence alimentaire, le forum a accueilli plus de 1.500 participants et récompensé les initiatives innovantes du secteur.

Stephane de Laage

Les trophées de l’Excellence, remis par Jacques Martinet, vice président d’Orléans Métropole (à gauche).

 

Depuis 2014, l’Open Agrifood est un lieu de rencontres et d’échanges unique entre tous les échelons de la filière alimentaire. Deux jours par an, tous les maillons de la chaîne « du champ à l’assiette » ont l’opportunité de débattre dans une dynamique collaborative, pour faire avancer la filière vers une responsabilité partagée, en respectant les hommes et l’environnement. Comment créer de la valeur ajoutée dans la filière agroalimentaire française ? Telle est la question.

Comment passer de la politique du « sans », sans pesticide, sans OGM, sans nitrate, sans sel ajouté, sans colorant… à une valeur nouvelle qui mette en avant les savoir-faire de la chaîne agroalimentaire et la qualité de ses produits. « Il faut communiquer sur ce que nous faisons déjà, explique Emmanuel Vasseneix, co-président de l’Open Agrifood, et dire aux consommateurs la qualité et la sécurité de ce que nous savons déjà faire ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 15 ans, la quantité de produits dits « toxiques » et potentiellement dangereux pour notre santé, ont diminué de moitié. Confirmation de Sylvie Willemain, nutritionniste chez Nestlé : « nous n’utilisons par exemple aucun produit qui contiendrait des OGM, ils sont tout simplement bannis ». Mêmes discours de Remy Roca, directeur des achats de McDonald’s France. « Pas d’OGM dans les menus. Mais pour d’autres produits montrés du doigt, il restera toujours une part d’incompressible, à l’image des matières grasses. Pour des raisons sanitaires, la viande doit être cuite à cœur, explique-t-il. Mais si vous supprimez la totalité de la graisse, la viande est tout simplement immangeable ». Il convient donc de relativiser certains points. Au cours d’un débat citoyen, il est clairement apparu que le consommateur s’inquiète de la qualité de ce qui lui est proposé dans son assiette. Et que le « reste à corriger » fait encore débat.

L’excellence au cœur du débat

Les efforts semblent indéniables. Les nombreuses tables rondes en ont attesté, tant sur les performances économiques de nos entreprises, l’image sanitaire très favorable qu’elles ont à l’étranger, et l’engagement de la France dans le traitement sanitaire. Dans ce cadre, de nombreuses initiatives ont été présentées, tant de la part de grands groupes, que de PME innovantes, pour faire progresser encore le secteur de l’agroalimentaire vers un engagement sociétal, humain et environnemental.

Ainsi le Prix des Excellences à distingué 6 projets dans 6 catégories distinctes : production, distribution, transformation, restauration, fournisseurs de biens et services à la filière et parties prenantes (Institutions, ONG,…). Le jury avait retenu 18 Excellences parmi la centaine de candidatures déposées. Elles ont été départagées pour l’Or, l’Argent et le Bronze, par le public de l’Open agrifood, qui a voté lors de la cérémonie de clôture le 22 novembre.

Carrefour adepte du lait Bio

Carrefour et sa Fondation, le WWF France, LSDH et APLBC Bio ont annoncé lors de l’Open, le lancement d’un projet d’envergure visant à soutenir les producteurs de lait dans leur conversion au Bio. Carrefour et ses partenaires comptent ainsi répondre à la demande croissante des consommateurs en produits bio, et accompagner les producteurs en conversion, grâce à un soutien financier et technique. Ce partenariat est signé avec 66 producteurs pour une durée de deux ans, le temps de la conversion, ce qui devrait correspondre à une quantité de 10 millions de litres. « Un tel accord nous permet de garantir nos approvisionnements, explique Laurent Vallée, secrétaire général de Carrefour, mais aussi de pérenniser nos relations avec les producteurs grâce à une contractualisation sur la durée, sur les volumes et basée sur une juste rémunération ».

Toutes les infos sur :

www.openagrifood-orleans.org

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