Blois : Le Centre d’action médico-sociale précoce a 20 ans


Depuis vingt ans, le Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) accueille à Blois les enfants de moins de six ans avec différents troubles (moteurs, psychiques, cognitifs), afin de les prendre en charge le plus tôt et le mieux possible grâce à une équipe pluridisciplinaire.
Les 24 professionnels du Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) ont pour missions de dépister et prendre en charge le handicap moteur, sensoriel et les troubles du développement de l’enfant, le suivi des prématurés, l’annonce du diagnostic autisme, l’accompagnement des familles, mais aussi de faire le lien avec les autres structures sanitaires et sociales. Le CAMSP est situé au centre hospitalier de Blois et a deux antennes à Vendôme et Romorantin. Il accueille depuis vingt ans les enfants de 0 à 6 ans et leurs familles. Leur parcours commence par un premier rendez-vous avec une consultation médicale par un pédiatre afin de comprendre les difficultés de l’enfant. Puis, la demande de prise en charge est étudiée lors d’une commission médico-sociale d’admission. Une fois validée, des rendez-vous sont proposés avec les médecins, thérapeutes et autres intervenants (généticien, orthophoniste, psychomotricien, kinésithérapeutes, orthoptiste, psychologue, infirmière puéricultrice, assistante sociale…), afin de réaliser un bilan complet pour élaborer un projet thérapeutique personnalisé. Il y a aussi un accompagnement des parents qui peuvent être mis en relation avec des associations pour les aider. La pluridisciplinarité et les échanges permanents entre les différents professionnels de santé font la force du CAMSP. Leur objectif commun étant de permettre à l’enfant de reprendre un développement normal grâce à la rééducation. Un appareillage adapté peut parfois être nécessaire (lire encadré). Actuellement, il y a une file active de 500 enfants sur les trois sites dont 200 sont suivis régulièrement. Leur âge moyen est de 4 ans.
C.C.S.

Appareillage sur-mesure
Le CAMSP s’occupe aussi de la réalisation d’appareillage adapté pour les enfants, comme des chaussures orthopédiques ou un siège, en faisant appel à des orthoprothésistes. C’est d’abord le kinésithérapeute qui détermine les besoins de l’enfant pour choisir le type d’appareillage qui lui correspond, afin qu’il puisse être assis dans la bonne position, par exemple. Toutes les mesures sont prises au CAMSP, puis des essayages sont réalisés avant les derniers réglages, parfois à domicile, afin d’adapter le siège au mobilier de leur maison. « On fait du bricolage anatomique pour s’adapter aux enfants, c’est un travail d’équipe pour leur apporter un confort de vie », soulignent Frédéric Roy et Maëva Ratovoarivonjy, orthoprothésistes qui travaillent régulièrement avec le CAMSP.

Alerte aux écrans chez les enfants
Bénédicte Girolet est orthophoniste au CAMSP depuis 19 ans, elle peut intervenir dès la naissance pour l’alimentation. Au fil du temps, elle a constaté que de plus en plus d’enfants dont elle s’occupe présentent des problèmes de développement liés aux écrans. « Parfois, quand je leur donne un livre, ils passent leur doigt dessus comme sur un écran ou ils ne savent pas nommer et manipuler les objets », explique-t-elle avant de poursuivre : « Les écrans sont un véritable fléau chez les enfants et pour moi, ils doivent être bannis au moins avant six ans car l’intelligence se construit avec la manipulation, les enfants construisent leur pensée avec les mains, ils ont besoin de toucher, remplir, vider, construire, faire des expériences…». Elle alerte aussi sur les programmes télévisuels ou activités sur tablettes dédiés aux tout-petits qui sont inutiles et nocifs car c’est en communiquant avec son entourage que le bébé évolue. Par ailleurs, chez les plus grands, les écrans peuvent nuire à la santé en entraînant de l’obésité, des troubles du sommeil, une augmentation de l’agressivité, mais aussi des troubles du langage, du raisonnement logico-mathématique, de l’attention…