Loir-et-Cher Illettrisme : La situation est plus qu’alarmante …

Plus de 30 000 personnes en Loir-et-Cher sont concernées par l’illettrisme, l’un des fléaux de notre civilisation, dite moderne et avancée. Avec ce chiffre, chacun mesure l’impact de ce terrible mal en France, dans d’autres territoires bien plus défavorisés que le Centre-Val de Loire, berceau du bien-parler à la française!
Le constat est d’autant plus terrible que s’y ajoute, depuis trois bonnes décennies maintenant, le phénomène de l’illectronisme attaché aux nouvelles technologies de communication. Et si on se base toujours sur le froid constat qu’il y a un jeune âgé de 16 à 20 ans sur 8 qui serait en sérieuse difficulté de lecture, en France, et un sur 20 en très grande difficulté, il y a de quoi s’inquiéter de plus en plus, à tous les niveaux de la Nation. 7% de la population, entre 16 et 65 ans, ayant été scolarisée (!) est « atteinte, ce qui empêche toute autonomie dans la vie courante et/ou professionnelle. Le Département de Loir-et-Cher, en relation avec plusieurs partenaires institutionnels dont le Centre de ressources illettrisme analphabétisme de Loir-et-Cher (Cria 41) ; l’Union départementale des associations familiales (Udaf 41) ; la Chambre de Métiers et de l’artisanat (CMA), mais aussi des entreprises privées à l’image de Partenaire, groupe spécialisé dans le travail en intérim (qui fête ses 70 ans d’existence cette année), a placé tous les projecteurs sur une bonne quinzaine d’animations cet automne en tous genres pour traquer ce fléau, le combattre et faire évoluer les situations handicapantes de celles et ceux qui en sont atteints. L’illettrisme, comme l’illectronisme, est l’un des principaux freins à l’insertion professionnelle et sociale, aussi invalidant qu’un handicap physique lourd. Car comment occuper un poste s’il faut lire des consignes de fonctionnement simple, pour ne pas évoquer des mesures de sécurité s’il y a impossibilité de lecture ou simple déchiffrage des documents accompagnant la tâche à accomplir. Divers outils préventifs destinés, notamment, à déceler ces maux ont été mis en place, sous l’égide de Geneviève Baraban, ancienne conseillère départementale, missionnée par le président du Conseil départemental, Philippe Gouet, pour les dossiers qu’elle avait mis en place et soutenus quand elle était à la tête du canton de Blois I, et ce, en relation avec Florence Doucet, actuelle vice-présidente départementale, (insertion, emploi, logement, famille et protection de l’enfance), jusqu’au 18 novembre inclus, afin de changer le regard sur l’illettrisme. Quel que soit le résultat de cette campagne, il ne faudra pas baisser les bras car le mal s’amplifie et risque de s’étendre rapidement si personne, surtout en très haut lieu, ne prend des décisions draconiennes. Avant qu’il ne soit trop tard. Et rapidement…
Jules Zérizer