Romorantin : Les plateformes logistiques en débat

Les projets de plateformes logistiques, dans la capitale de la Sologne, sont bien avancés. À l’initiative de l’association Romo Citoyenne, une réunion publique a rassemblé une soixantaine de personnes issues de divers collectifs de défense de l’environnement en région Centre-Val de Loire pour en débattre.
Collectifs de Lamotte-Beuvron et de Vierzon sur les plateformes, collectif de Jargeau / Orléans sur les infrastructures routières (pont sur la Loire et contournement d’Orléans), collectif de Gièvres sur les champs photovoltaïques, habitant de Châtres sur Cher sur la construction du « Cher à vélo », élus locaux, élus régionaux, les membres de Romo Citoyenne, initiateurs de la réunion, se sont sentis moins seuls. Dans le cadre de cette réunion publique, qui s’est déroulée voilà quelques jours dans la capitale de la Sologne, de nombreux thèmes ont été évoqués. Cependant, ce sont bien les constructions de plateformes logistiques romorantinaises qui étaient à l’ordre du jour. Concernant ce seul projet, cette initiative d’information et de mobilisation était une première. Plus de 3000 flyers ont été distribués pour l’annoncer. Pour mesurer l’impact des réalisations locales, une présentation, à partir d’un visuel réalisé par un architecte et un ingénieur paysagiste, a mis en évidence le volume et la surface des plateformes. La plus grande, d’environ 40 000 m², aura, à elle seule, une longueur double de celle du magasin E. Leclerc actuel.
Pour les organisateurs, il ressort de cette réunion « qu’à chaque cas examiné, la qualité de vie des habitants est affectée, que l’artificialisation des sols et la réduction de la biodiversité sont induites par ces projets en parfaite contradiction avec les objectifs officiellement affichés par le gouvernement. » Les éléments du volet social des projets logistiques « ont été abordés en détail, comme la précarité et la pénibilité des emplois proposés ou l’inadaptation aux attentes des bassins d’emploi. » Pourtant, c’est à une autre Sologne que les présents semblent aspirer. « Ces projets saccageurs sont très loin de la Sologne idyllique vantée par la communication touristique… La discussion a mis en évidence que c’est d’une autre Sologne dont nous avons besoin, avec la relocalisation et le développement de productions utiles, alimentaires, impliquant la création d’emplois qui font sens pour le territoire et la population, et notamment pour la jeunesse qui souhaite avoir un avenir ici. » explique Romo Citoyenne qui estime que les structures prévues à Romorantin devraient atteindre 12 m de haut maximum et que . « Cela signifie qu’ils ne sont pas destinés à l’e-commerce robotisé type Amazon, mais serait loué par cellule de 6000 m². La recherche de clients potentiels est déjà en cours ! Paradoxalement, il y a plus d’emplois dans les plateformes robotisées, parce que les flux de marchandises y sont plus importants. »
Sur ce sujet des plateformes, les représentants du collectif Luttes Locales Centre, présents à Romorantin, ont proposé de porter la demande d’un moratoire sur « tous les projets inutiles » à l’occasion de la réunion du Conseil régional du 24 novembre prochain. Là, il s’agira d’amender le SRADETT (Schéma Régional d’Aménagement Du Territoire).
F.S.