Se déplacer en Loiret, une question d’avenir

Le Conseil départemental du Loiret a réalisé une enquête préalable à la construction du schéma de mobilité sur son territoire. Les pistes de réflexions sont nombreuses pour faire diminuer l’usage de la voiture.
Tout le monde en convient, il faut diminuer drastiquement la part du moteur à explosion, donc augmenter les transports alternatifs et propres, à commencer par le vélo et les transports en commun, et développer le covoiturage. Il faut donc construire un schéma qui satisfasse le plus grand nombre pour travailler, se promener, se divertir et se soigner, accéder aux services publics, aller à l’école. Le Conseil départemental du Loiret s’est mis en demeure de bâtir un schéma de mobilité pour les années à venir. Il faudra construire de nouvelles infrastructures cyclables, activer des aires de covoiturage, sécuriser les modes de déplacement doux, en concertation avec les Loirétains, les entreprises, les collectivités, les associations, les collèges…
L’enquête montre que pour 245 000 actifs Loirétains, 31 800 sortent chaque jour du département pour aller travailler et 22 800 entrent dans le Loiret. C’est ce que l’on appelle les actifs « pendulaires ». Il faut donc s’affranchir des limites de régions et de départements, notamment au nord du Loiret, en limite de la Seine-et-Marne, « insiste Hervé Gaurat, vice-président du conseil départemental en charge des transports ». Il faut faire du cousu main. Car mal adaptée, la mobilité peut aussi être un frein pour l’accès à l’emploi ».

En quête de vérité
Le Département a donc mené cette enquête en ligne, du 10 mai au 10 juin. Une sorte de photo à l’instant T, grâce aux 3 000 réponses obtenues. Avec une cartographie participative, les répondants ont pu signaler des difficultés locales, comme les bornes de recharge manquantes ou la discontinuité de pistes cyclables…
80% des répondants sont des actifs, 13% retraités. 50% des déplacements se font sur moins de 15Km, « On est évidemment dans la cible vélo », constate Hervé Gaurat. La voiture compte pour 66% des déplacements, le vélo 16%. Dans le département, la part modale du vélo pour se rendre au travail n’est que de 2% ! Enfin, 22% des Orléanais utilisent principalement leur voiture. Alors, comment faire pour les en dissuader ? Peut-être par l’aide à l’achat de vélo à assistance électrique, et le stationnement sécurisé des vélos, accompagner la création d’ateliers de réparation, la location et la cartographie…
Plus de la moitié des répondants déclarent ne jamais utiliser les transports en commun ; « question de fréquence et d’horaires inadaptés », disent-ils. Le covoiturage ? 60% des répondants disent le pratiquer. « Il faut une meilleure communication sur le sujet, admet Hervé Baurat, et la création d’une plateforme départementale ». Notons pourtant que le système Rezo Pouce, bien qu’ayant fusionné avec Mobicoop, reste encore confidentiel.

Et maintenant ?
« On va orienter nos actions sur la sécurisation des voies cyclables. C’est la première chose demandée par les parents. On regarde aussi les parcours isochrones de 20 minutes autour des collèges, des gares et des zones d’activité. Les aires de covoiturage quant à elles, sont assez simples à mettre en œuvre, certaines sont déjà développées et efficaces comme à Châteauneuf/Loire, d’autre plus modestes comme à Chilleurs-aux-Bois. Je souhaite aussi mailler le transport collectif sur les territoires oubliés comme le cœur de la Beauce ».
Le Département ambitionne de réaliser ces aménagements et travaille avec la Métropole et les communautés de communes, la Région pour les trains et les cars, les privés comme les supermarchés qui ont des bornes de recharge, et les associations comme « Vélorution ». « Surtout ne rien faire chacun dans son coin, supplie Hervé Baurat. Si les collectivités portent le foncier, le Département portera les aménagements, assure-t-il. Il est pour cela la bonne échelle ».

Stéphane de Laage