« Docteur je suis communiste : Est-ce grave ? »


L’amitié, la solidarité, le combat pour la justice sociale pour que chaque homme puisse vivre heureux sur cette terre grâce à son travail à son ingéniosité, sa culture. Tout ça résumé dans un livre.
Face à toutes ces questions que pose le monde moderne qui ne met absolument pas ses progrès au service des hommes, Jean Claude Sandrier, ancien député, maire de Bourges à la suite de Jacques Rimbault, personnage politique charismatique des années1970 /1990) à qui d’ailleurs , il dédit son livre au titre provocateur mais ô combien révélateur de ce qu’est un militant expérimenté et sérieux « Docteur je suis communiste, est ce grave » ?
Boum ! Ça sonne comme un coup de fouet ; plus politiquement, est ce que demeurer dans ses convictions, même si les bases semblent se réduire, constitue toujours un sens à sa vie ? C’est tout le contenu de cet essai, court, puisqu’il ne fait qu’une cinquantaine de pages. Ce qui en soit est cohérent puisqu’il s’appuie sur une consultation de psy en cinq rendez-vous qui pourraient sans souci se reconnaître en actes de théâtre où le patient Jean Claude Sandrier, vient chercher auprès de son praticien, un diagnostic sur cette épineuse question née d’une interview avec la presse parlementaire en 2007 à l’Assemblée Nationale, posée par une jeune journaliste : « Comment peut-on être communiste aujourd’hui… » ? « Une fraction de seconde, dit Jean Claude Sandrier, je me suis demandé si cette question était posée pour m’embêter ou pour m’aider… » ? « On nous répète que nous sommes morts mais pourquoi alors continuons nous à déranger »? Voilà notre auteur parti « rencontrer son « psy » et lui demander de l’aide face à ces trois possibilités qui « bouleversent » son cerveau : « Suis-je d’un autre temps, suis-je obtus, enfermé dans mon idéologie ou est-ce trop tôt pour parler sérieusement de communisme ? Tout au long de cet essai reviennent toutes ces vies données pour que perdure cette « humanité humaine », ce respect que porte Jean Claude Sandrier à tous ces anciens : « c’est grâce à leurs luttes que nous devons ce modèle social français… ».

« Allongez-vous » dit le docteur : « Je vous écoute »
Nous voilà entrainés dans une série de rendez-vous avec ce psy qui décidemment trouve devant lui un patient qui va lui donner bien des émotions et du fil à retordre mais au demeurant le passionner. À tel point, que les questions vont porter sur un éventail de considérations, de grands détours. Cinq « rendez-vous » écrits en actes où se révèle la posture humaniste et militante de Jean-Claude Sandrier, citant la « Dame de Nohant » ( Georges Sand), à qui l’auteur porte un véritable culte : « On nous a si longtemps élevés dans la coutume de juger ce qui se doit par ce qui se fait et ce qui se peut par ce qui est, qu’à tout instant, nous tombons dans le découragement en voyant le présent donner tant de démentis à nos espérances… » et Jean Claude Sandrier de conclure : « au fond, à travers les décennies, elle nous dit : réveillez-vous ! Et contre ce fatalisme qui mène à la soumission je pense que la plus belle des phrases est de Nelson Mandela : Tout est toujours impossible jusqu’à ce qu’on le fasse… »
Un livre qui se lit d’un seul trait, bel essai, avec utopies diront certains : peut-être mais comme le cite l’auteur, employant les mots de Lamartine : « Les utopies ne sont que des vérités prématurées ». À lire sans modération cette « re-visitation de l’idéal ».

J. F.