Loir-et-Cher Golf des Pommereaux : la balle est chez le préfet

À la fin du mois d’octobre, un vœu d’opposition a été présenté en session plénière à Blois du Conseil départemental, concernant un dossier d’ampleur, le Domaine golfique des Pommereaux, prévu à La Ferté Saint-Cyr. Il y a aussi le collectif Luttes locales Centre qui combat ce projet. C’est toutefois au préfet François Pesneau qu’il reviendra la décision finale.
Le golf des Pommereaux en zone Natura 2000, se fera ? Ne se fera pas ? Rien n’est joué dans un sens comme dans l’autre. François Pesneau a bien reçu tous les courriers, entendu les voeux. Comme celui émis par le binôme d’union des gauches et des écologistes, les conseillers départementaux Benjamin Vételé et Hanan El Adraoui, le 24 octobre dans la salle Kléber-Loustau du Département. Le duo a ainsi, avec ce voeu, souhaité, nous les citons : « interpeller monsieur le préfet sur les conséquences négatives de laisser poursuivre (la) réalisation (d’un) projet (qui) prévoit sur une superficie de 400 hectares dont 240 hectares d’exploitation agricole, 119 hectares de forêts et de zones humides, la construction d’un complexe hôtelier 4 étoiles, des résidences hôtelières, 565 villas et appartements, un golf de 27 trous, une piscine ,un centre équestre et des terrains de tennis. Aujourd’hui un tel projet apparaît inutile et contraire aux objectifs portés par notre département.» Le Conseil départemental, pour rappel, s’était déjà en février 2020, lors d’une commission, inquiété de ce vaste complexe privé. Son président, Philippe Gouet (UDi), a insisté. « Nous avons 3 golfs en Loir-et-Cher. Les investissements sont très lourds et il n’y pas de nécessité d’un quatrième qui mettrait en difficulté financière les 3 autres.”

Green en suspens, et bassines aussi…
Alors, que choisira le préfet de Loir-et-Cher ? Le représentant de l’État a accepté d’en parler face à la presse, le 3 novembre. “Je remercie le Département de son interpellation, c’est un élément parmi d’autres. Je confirme d’ailleurs que j’ai lu toutes les lettres des opposants à ce dossier, mais inutile de m’envoyer 300 ou 400 fois le même courrier, c’est presque contre-productif et cela a tendance à m’agacer même ! Je déteste la pression et ce n’est pas le nombre qui m’influencera et fera pencher vers oui ou non. En tant que préfet et garant des intérêts et équilibres de ce territoire, je n’ai pas à dire si c’est bien ou pas. Je me prononcerai sans a priori, sans pression. J’attends que la communauté de communes du Grand Chambord s’exprime. Quand ensuite, j’aurai tous les éléments, je rendrai ma décision. J’ai deux mois pour le faire, après les conclusions de l’enquête publique ce mois de novembre. Je la donnerai peut-être avant, je vais m’interroger notamment sur la compatibilité avec la loi Climat et résilience (août 2021) et son aspect artificialisation des terres. Ma décision sera réfléchie, posée, réalisée en droit et conscience. Et, de toute façon, quelle que soit ma décision, elle sera attaquée soit par le porteur du projet, soit par le camp des contre. C’est le juge qui tranchera à la fin.” Pendant que nous sommes dans des sujets qui peuvent fâcher : sinon, quid de bassines en Loir-et-Cher, après les crispations à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres ? “Il existe un projet bien avancé dans le Nord du département d’une retenue d’eau à Droué (qui stocke les eaux de pluie, de drainage et de ruissellement, et non une bassine, donc sans pompage sur les nappes phréatiques, ndrl). Un deuxième a été déposé dans le Perche. Là aussi, j’instruis les dossiers sans pression, en fonction du territoire; parfois, ce peut être un non car le projet est négatif pour l’environnement. Il y a 30 ans, on faisait des étangs partout, comme en Sologne; finalement, c’était la même chose et parfois certains, non naturels, ont été creusés dans le lit de la rivière, et cela ne choquait personne… ”

É.R.