Sologne : Une suite pour Courjumelle

Après avoir tourné entre 2013 et 2017, Courjumelle qui retrace la vie en Sologne dans les années 1920, Jean-Claude Raoul a choisi de lui donner une suite qui se passe en 1935.
Le tournage a débuté en 2018 et se terminera en 2023 pour une sortie du film prévue fin 2023. Beaucoup de scènes ont été tournées en Sologne, comme une messe de minuit à l’église de Chaumont-sur-Tharonne ou les moissons à la ferme de la Picanière à Vouzon, mais aussi à Blois où la place Louis XII est reconstituée comme elle était à l’époque avec le théâtre et la halle qui ont été bombardés lors de la seconde guerre mondiale afin d’évoquer les débuts de la chocolaterie Poulain, et sur le canal du Berry, afin de faire revivre les péniches qui y circulaient. « À l’origine, nous avions prévu de ne faire qu’un seul film, explique Jean-Claude Raoul, réalisateur de Courjumelle. Mais lors de la diffusion du premier, beaucoup de spectateurs sont venus me trouver pour me demander s’il y aurait une suite. Je me suis donc dit pourquoi pas, même si la chose la plus difficile est d’avoir la bonne idée afin de faire un second long métrage aussi réussi que le premier. La Sologne a connu une évolution importante dans les années 1935. La vie était difficile, surtout pour les femmes qui avaient peu de droits. La condition féminine est évoquée dans ce second film, ainsi que l’évolution de l’agriculture, avec l’arrivée des premiers tracteurs et les difficultés liées à la crise de 1929, encore présente en Sologne six ans après. J’ai effectué un très gros travail de recherche afin d’être le plus fidèle possible à la réalité et je m’attache aux détails qui vont rappeler des souvenirs à certains. Dans le second film, il y aura une scène de moisson avec une batteuse et un attelage à trois chevaux, où j’ai choisi des personnes sachant faire la moisson afin que leurs gestes soient justes. Courjumelle ne relate pas une histoire extraordinaire mais cela touche les gens car ce fut leur vie. Le public a été très touché par le premier film qui a été souvent applaudi. Courjumelle n’est pas destiné à un public qui va habituellement au cinéma. C’est un public généreux qui n’a pas vu les imperfections de ma réalisation. Je ne suis pas issu du monde du cinéma. Courjumelle a été tourné avec un très petit budget, avec des bénévoles qui ne sont pas des acteurs professionnels. Cela a été très important pour moi et je me suis dit que j’allais continuer en faisant attention que les scènes soient très travaillées. Certaines prises de vue sont très esthétiques comme des scènes hivernales avec de la neige et du givre. La période du Covid, même si elle m’a obligée à différer le tournage, m’a permis de réfléchir et d’avoir du temps supplémentaire. Courjumelle est un film sur lequel on ne peut pas se dépêcher. Le premier a bien marché avec peu de moyens et j’espère qu’il en sera ainsi pour le deuxième. Mais seul le public sera juge. Pour le second film, des bénévoles qui ont participé au premier film et de nouveaux ont rejoint l’aventure, venant de toute la Sologne. Les gens de toutes générations, anciens, adultes, adolescents et enfants, sont contents de participer au tournage car cela se passe chez eux. Près de 200 personnes font partie de l’épopée et chacun a sa part à l’écran. »
F. M.